Actus

Date : 27/03/2018

Du respect de la liberté d’expression artistique et de programmation

Communiqué de la FEDELIMA et du SMA

Nantes, le 27 mars 2018

Il est important aujourd’hui de réagir à la polémique qui juge « honteux » et « indécent » le retour de Bertrand Cantat sur scène. Cette polémique montre une fois encore que l’expression artistique provoque des réactions passionnées.

À ce titre, la FEDELIMA et le SMA tiennent à affirmer leur attachement au respect des droits humains fondamentaux, dont font partie la liberté d’expression artistique autant que le respect de la dignité des personnes. Les droits humains fondamentaux sont le socle des droits culturels des personnes. C’est en référence à ces valeurs communes de notre république que les questions posées par la présence de cet artiste sur scène doivent être abordées et discutées.

Les droits culturels nous encouragent à rechercher ce qui fait dialogue entre les personnes. Ils nous conduisent à exiger que, dans cette affaire comme dans bien d’autres, les arguments raisonnés prennent la place des passions. Entre le respect impératif de la dignité de chacun et celui tout aussi impératif de la liberté d’expression, comment trouver le bon équilibre, la bonne conciliation ?

Nous demandons, puisque la tournée de cet artiste se poursuit notamment dans des lieux adhérant à la FEDELIMA et au SMA, que les conditions d’un dialogue raisonné soient acceptées par toutes les parties. Nous invitons chacun à ce titre, à se référer particulièrement au rapport de Madame Shaheed sur « la liberté d’expression artistique et de création », ainsi qu’au communiqué de l’Observatoire de la liberté de création.

Cet effort de raison est d’autant plus important à mettre en place que certains élus ont, sans dialogue argumenté, exercé une forte pression sur les lieux et les festivals ayant pris la décision de programmer le spectacle dont il est question. De telles positions, prises unilatéralement, sont par principe inacceptables au regard des droits culturels mais aussi de l’article 2 de la loi Liberté de Création, Architecture et Patrimoine selon laquelle « la diffusion de la création artistique est libre ». Elles constituent une atteinte manifeste à la liberté de création et de diffusion.

Plutôt que de craindre la polémique, les élus de la République devraient rechercher les meilleures conditions du vouloir vivre ensemble. Leur responsabilité est d’appeler les parties à exprimer leurs arguments dans des débats publics sereins et apaisés.

La raison doit nous guider dans notre liberté de faire des choix, même si d’autres ne sont pas d’accord. Alors, débattons, confrontons nos points de vue, et laissons à chacun la liberté d’aller ou non voir un spectacle, à chaque artiste la liberté de créer, à chaque acteur la liberté de programmer !

La FEDELIMA et le SMA


Date : 01/02/2018

Live DMA publie un rapport sur la situation des salles de concert en Europe

Depuis 2012, Live DMA structure à l’échelle européenne le travail de collecte de données mené au sein des lieux de musiques actuelles. Dans le cadre d’une enquête annuelle, les réseaux et fédérations nationales membres du Live DMA collectent les données de leurs adhérents : activités, diffusion, fréquentation, emploi, recettes, charges...

Combien d’artistes se produisent sur scène ? Combien de bénévoles participent à l’activité des salles ? La vente des billets est-elle suffisante pour couvrir les coûts artistiques ? Quelle est la jaune moyenne des salles en Europe ? Quel est le taux moyen de financements publics selon les pays ? Ces questions, et bien d’autres, sont abordées dans cette enquête qui souligne le nombre important d’activités proposées par les salles de concert du réseau, la pluralité de leurs modèles économiques ainsi que la diversité des personnes qui y sont impliquées.

En 2017, Live DMA représente 2109 salles de concert européennes, actives dans 13 pays différents. Les membres de Live DMA ont envoyé les mêmes 23 questions à 1100 salles au sein de 10 réseaux différents, dans 8 pays : Belgique, Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suisse et Espagne. Au final, les données de 452 salles ont été recueillies (taux réponse de 41 %).


Date : 31/01/2018

Colloque sur la santé du musicien dans les musiques actuelles

Téléchargez les actes !

Le 24 mai 2017 se tenait à Audincourt (Nord Franche-Comté) le premier colloque national sur la santé du musicien dans les musiques actuelles, à l’initiative de Médecine des Arts, de la FEDELIMA (Fédération Nationale des Lieux de Musiques Actuelles) et du Moloco (Scène de Musiques Actuelles du Pays de Montbéliard).

Pourquoi s’intéresser à cette thématique ? Quels sont les enjeux pour les musiciens eux-mêmes, les organisateurs de concerts et les producteurs de spectacle ? Telles sont les questions qui ont été abordées à l’occasion de cette journée de travail, ouverte à tous, et qui a réuni des professionnels de santé spécialisés, des artistes, des organisateurs de concerts et de festivals, des producteurs de spectacle, des réseaux professionnels…

Pour répondre à ces interrogations, les interventions ont été articulées autour de deux grandes thématiques, sous l’autorité scientifique de Médecine des Arts : la santé du musicien dans son environnement professionnel et le corps du musicien au cœur du processus artistique.

Il s’agissait ainsi de sensibiliser les différents acteurs de la filière professionnelle des musiques actuelles (artistes, organisateurs de concert, tourneurs…) aux conditions qui peuvent altérer de manière transitoire ou définitive la santé du musicien. Vous pourrez ainsi découvrir dans ces actes les résultats d’études et de travaux de recherches portant sur les conditions de voyage, le rythme des tournées, le sommeil, les contraintes physiques d’un concert, l’amplification médiatique, les comportements à risque et bien d’autres sujets, sous un angle scientifique. L’autre grand volet de réflexion a concerné la place du corps dans l’activité musicale. De la création à l’expression artistique, le corps du musicien est au coeur du processus. Depuis la perception des émotions qui nourrissent la pensée et l’intention jusqu’au geste musical, le corps est soumis à un grand nombre de sollicitations. Comment lui assurer un bon fonctionnement et le rendre disponible en vue de la performance artistique ?

Nous espérons que les travaux présentés ici permettront de poser les premières pierres d’une réflexion qui nourrira l’ensemble de la filière musiques actuelles et qui donnera lieu à d’autres travaux et rendez-vous dans les mois et les années à venir.

Nous tenons à remercier l’ensemble des intervenants pour leur implication et la qualité de leurs interventions, ainsi que tous les partenaires qui ont rendu possible l’organisation de ce premier colloque sur la santé du musicien dans les musiques actuelles.


Date : 29/01/2018

La conférence nationale de la vie nocturne publie ses actes

Chaque année la Plateforme Nationale de la Vie Nocturne (PNVN), dont la FEDELIMA est membre, organise une conférence afin de partager ses travaux et provoquer le débat : réinterroger les pratiques, développer un nouveau paradigme et construire ensemble les ressources permettant la mise en œuvre de politiques publiques efficaces et utiles pour tous les territoires.

Cette plateforme constitue un espace de réflexion et de propositions réunissant élus et techniciens des collectivités et de l’Etat concernés par la Vie Nocturne, organisations professionnelles, universitaires, experts et citoyens. Elle offre une approche à la fois globale, transversale et experte à ses membres partenaires, afin de mieux comprendre ce qui se joue la Nuit, construire des clés d’analyses et de stratégies, pour qu’elle devienne un atout pour les territoires. Culture, tourisme, sécurité, tranquillité publique, transport, santé, réduction des risques, économie, formation, autant de sujets abordés tout au long de l’année par la Plateforme, ressource au service des collectivités. Mutualisant les réflexions et les expériences, elle permet la rencontre d’experts, de professionnels, d’élus, de citoyens, d’acteurs locaux. Elle s’inscrit dans une dimension européenne et à ce titre se nourrit d’expériences extra-nationales. Elle s’articule autour de trois groupes de travail : « Une nuit responsable et citoyenne », « Une nuit attractive », « La gouvernance ».

La première conférence nationale de la vie nocturne a eu lieu à la Cité de la Mode et du Design à Paris, les 15 et 16 septembre 2017. Découvrez les actes de cette conférence, disponible en téléchargement libre.


Date : 17/01/2018

Pour une concertation sur les politiques publiques en faveur des musiques

Communiqué inter organisations

Nantes, mercredi 17 janvier 2018

Le rapport « Rassembler la musique, pour un centre national » commandé par l’État et publié en novembre 2017, dresse le portrait d’une filière musicale opposant un secteur « marchand », qui serait financé majoritairement et directement par les publics, à un secteur « public », dont le financement ne reposerait que « nécessairement et durablement sur la subvention ».

Cette présentation fait abstraction d’un grand nombre d’acteurs de droit privé représentant des structures relevant de l’intérêt général, qu’elles soient associatives ou TPE, qui agissent dans des logiques de proximité relevant de l’utilité sociale. Ces acteurs développent des projets sur un modèle économique mixte et partagent des valeurs de défense de la diversité artistique et culturelle, de l’initiative citoyenne, et de primauté de la coopération en opposition au modèle concurrentiel dominant.

Nous, organisations, fédérations et réseaux, nous inquiétons de l’invisibilité à laquelle nous-mêmes et les structures que nous représentons serions condamnés, sans prise en compte de nos modèles économiques et politiques, dans la définition des attributions, du périmètre et de la gouvernance d’un centre national de la musique, comme dans la politique globale du ministère de la Culture.

Nous demandons donc à l’État de réaffirmer son rôle stratégique en garantissant une intervention publique juste et équitable, qui tienne compte des enjeux fondamentaux de respect des droits des personnes, d’équité sur les territoires, et de nécessaire promotion de la diversité des pratiques et des esthétiques.Cette garantie nous semble d’autant plus nécessaire que le rapport précité suggère, en complément de la création d’un « centre national de la musique », une réorganisation profonde du ministère de la Culture.

En conséquence, nous affirmons notre volonté de participer pleinement à la préfiguration de ce centre national de la musique et demandons à élargir les débats à une concertation sur les politiques publiques en faveur des musiques.