Actus

Communiqué

Date : 04/03/2019

Projet de centre national de la musique : les réseaux et fédérations de la musique expriment de vives inquiétudes et demandent à être entendus

Dans le cadre de la mission parlementaire relative à la mise en place d’un Centre National de la Musique (CNM) qui leur a été confiée, les députés Émilie Cariou et Pascal Bois viennent de remettre leur rapport au Premier ministre. Dans un récent communiqué, celui-ci a annoncé la mise en place opérationnelle de l’établissement au 1er janvier 2020, après une phase d’amorçage en 2019.

Alors qu’une partie de la profession semble se féliciter de la création d’un tel outil, un autre pan du champ musical s’en inquiète fortement.

Nous constatons que nos préconisations n’ont jamais été prises en compte. Nos noms au bas de ce rapport ont servi de caution dans le cadre d’une méthode relevant davantage de la consultation de pure forme que de la concertation. Nous avons fait valoir nos questionnements à de très nombreuses reprises mais n’avons guère été entendus.

Nous avons ainsi exprimé qu’un tel outil ne pouvait voir le jour que dans le cadre d’une réflexion globale sur les politiques publiques de la culture et plus spécifiquement celles de la musique, afin de s’inscrire dans un projet cohérent, ambitieux et soucieux de l’écosystème du champ culturel. Nous avons appelé à une réflexion intégrant la complexité du secteur musical, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local ; nous avons insisté sur l’indispensable prise en compte de la diversité des initiatives caractérisée par une pluralité d’approches artistiques, par une multitude de projets et par différents modèles économiques. Nous avons souhaité que le projet de Centre National de la Musique se construise en regard de cette réalité.

Le Centre National de la Musique imaginé dans ce rapport ne s’inscrit que bien trop peu dans une logique d’intérêt général en complément d’une politique publique forte pour la musique portée par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales. Il omet une large majorité d’acteurs du champ musical qui inscrivent leurs actions dans des principes de non lucrativité (ou de lucrativité limitée), d’intérêt général, de diversité, de territorialité ou encore d’émergence et pourrait ainsi mettre en danger la diversité des esthétiques, des modèles, des projets et des pratiques musicales.

Malgré une écoute que nous jugeons largement insuffisante, nous poursuivons nos travaux et restons mobilisés. Ainsi, nous sollicitons expressément une audience auprès du Premier ministre ainsi que du ministre de la Culture et les invitons du 19 au 21 mars à Rouen, lors du prochain POP MIND, notamment le mercredi 20 de 16h30 à 18h30 pour un temps spécifique consacré au projet de CNM.
Ces trois journées de débats nous permettront de nous interroger sur nos places et nos projets au regard des droits humains fondamentaux et de traiter des enjeux essentiels pour nos organisations. Nous sommes donc totalement disponibles afin d’échanger sur le Centre National de la Musique et la manière dont l’ensemble de la filière pourrait, dans toutes ses composantes, participer au développement de toutes les musiques en France.

LES SIGNATAIRES :
AJC – Le réseau de la diffusion du jazz
APRESMAI – Association des Pôles Régionaux Et des Structures de Musiques Actuelles et Improvisées
COLLECTIF RPM – Recherche en Pédagogie Musicale
CULTURE BAR-BARS – Fédération nationale des cafés cultures
FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
FELIN – Fédération nationale des labels indépendants
FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques Actuelles
FRACA-MA – Fédération Régionale des Acteurs Culturels et Associatifs Musiques Actuelles
GRANDS FORMATS – Fédération d’artistes pour la musique en grands formats
HAUTE FIDELITE – Pôle régional des musiques actuelles Hauts-de-France
OCCIJAZZ – Réseau Jazz en Occitanie
OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
LE PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en région Sud & Corse
POLCA – Pôle Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne
RADIO CAMPUS FRANCE – Réseau national des radios jeunes d’initiatives étudiantes en France
LE RIF – Réseau des musiques actuelles en Ile-de-France
RIM – Réseau des Indépendants de la Musique
RMAN – Réseau des Musiques Actuelles en Normandie
UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
ZONE FRANCHE – Le réseau des musiques du monde


Date : 23/05/2018

Communiqué inter-fédérations et réseaux musiques

Poursuite de la démarche inter-réseaux et fédérations après la plénière du 16 avril 2018 à l’Assemblée Nationale.

Vingt-deux fédérations nationales et réseaux régionaux des musiques ont, le lundi 16 avril dernier à l’Assemblée Nationale, ouvert une concertation large sur les politiques publiques en faveur de la musique. Les 120 participants, représentant une pluralité des musiques d’aujourd’hui, ont partagé leurs analyses respectives des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs des musiques, convergeant en premier lieu sur la nécessaire affirmation de la diversité des initiatives (artistiques, des acteurs, des projets, des modèles économiques...).

Diversité qui a fait l’objet des interventions des réseaux et fédérations, dans un élan inédit réunissant les acteurs de la création, la production, la diffusion et des pratiques des musiques, représentant majoritairement des initiatives privées qui enrichissent et dynamisent les territoires, portent une forme d’utilité sociale et concourent à l’intérêt général, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales et parfois le ministère de la Culture.

Diversité qui, selon Emmanuel Négrier, chercheur en science politique invité à introduire les débats, a représenté pendant dix années un socle des politiques publiques de la culture, prenant en compte l’expérience musicale des personnes, les modèles économiques, les activités, et les philosophies d’intervention. Or, l’ensemble des participants partage l’analyse que les politiques publiques, telles qu’elles sont dessinées aujourd’hui, risquent de restreindre la diversité pourtant défendue dans les discours tenus.

Ces coopérations et partenariats essentiels qui participent d’un écosystème sont en grand danger si les orientations concernant, tant le projet de Centre National de la Musique que l’ensemble de la politique du ministère, ne prennent pas mieux en compte la diversité des initiatives privées d’intérêt général.

Tous, d’une même voix, ont appelé de leurs vœux à des politiques publiques en faveur des musiques, intégrant la complexité de ce champ culturel, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local.


Date : 14/05/2018

Communiqué de la FEDELIMA

Politiques publiques de la culture : création du Centre National de la Musique

Madame la Ministre de la Culture a annoncé, mercredi 25 avril dernier, le démarrage d’une phase de préfiguration opérationnelle d’un Centre National de la Musique dont l’ouverture est souhaitée au début de l’année 2019. La FEDELIMA se félicite d’une telle perspective qui conduira à la mise en œuvre d’un nouvel outil d’accompagnement et de renforcement des politiques publiques des musiques.

L’intelligence du Ministère de la Culture, après avoir ouvert son périmètre dans les années 80/90, a été de favoriser une pensée multiscalaire de la musique et une structuration « à la française » de ce domaine. Nous sommes aujourd’hui en train de récolter les fruits d’un long processus en termes de créativité de la population et d’émancipation des personnes. Notre enjeu est à la fois de prolonger et d’entretenir ces évolutions remarquables.

C’est cette richesse et cette complexité que la FEDELIMA souhaite faire vivre et encourager au sein du futur Centre National de la Musique.

Les musiques s’inscrivent selon nous, pleinement au cœur des problématiques de nos sociétés. Elles peuvent être considérées d’un point de vue pragmatique, ce qui est le parti du discours de notre Ministre qui décrit ce domaine en tant que « filière ».

Notre propos n’est pas de nier les aspects « macros » et industriels, mais d’ouvrir le champ de réflexion plus largement, d’en restaurer la complexité, le caractère pluriel et de souligner la richesse de son écosystème...


Date : 05/04/2018

Communiqué des réseaux de lieux intermédiaires et indépendants

Dans la continuité du travail réalisé depuis quatre ans (forums nationaux, charte de la coordination nationale des lieux intermédiaires et indépendants), nos différentes organisations, réseaux et syndicats du spectacle vivant et des arts plastiques, réunissant des centaines de lieux qui mêlent les arts plastiques, les arts de la rue, le théâtre, la marionnette, la musique, le cirque..., relancent leur mobilisation pour que les politiques publiques de la culture fassent toute leur place à la multitude des lieux intermédiaires et indépendants.

Nous nous félicitons de la volonté de Françoise NYSSEN, ministre de la Culture, de mettre en avant la diversité culturelle, une meilleure équité sociale et territoriale, un partage des expériences artistiques et culturelles à travers des démarches hors-cadre, pour favoriser les droits culturels. Les lieux intermédiaires et indépendants y contribuent et doivent pouvoir être pleinement pris en compte pour renouveler les politiques publiques en direction de l’ensemble des territoires.

Inquiétés par le risque de remise en cause du dispositif de soutien aux « Ateliers de Fabrication Artistique » (mis en place en 2016, reconduit en 2017 puis transféré en 2018 dans le programme démocratisation), nous avons entrepris un dialogue avec le ministère. Nous nous engageons à poursuivre cette relation avec le ministère de la culture et, plus largement avec les collectivités publiques, afin de favoriser des politiques plus adaptées aux projets et réalités des lieux.

Déterminés à faire valoir les dynamiques portées par la diversité des lieux intermédiaires et indépendants, nous appelons les acteurs et les lieux à continuer à prendre toute initiative locale et régionale visant à poursuivre le repérage de l’existant, à se coordonner et à interpeller les responsables des politiques publiques au niveau de l’Etat et des collectivités territoriales.

Les organisations signataires (membres fondateurs de la Coordination Nationale des Lieux Intermédiaires et Indépendants) : Actes If, FAMDT, FEDELIMA, Fédération nationale des arts de la rue, FRAAP, SYNAVI, THEMAA, RIF, SMA, UFISC.

Télécharger le communiqué


Date : 27/03/2018

Du respect de la liberté d’expression artistique et de programmation

Communiqué de la FEDELIMA et du SMA

Nantes, le 27 mars 2018

Il est important aujourd’hui de réagir à la polémique qui juge « honteux » et « indécent » le retour de Bertrand Cantat sur scène. Cette polémique montre une fois encore que l’expression artistique provoque des réactions passionnées.

À ce titre, la FEDELIMA et le SMA tiennent à affirmer leur attachement au respect des droits humains fondamentaux, dont font partie la liberté d’expression artistique autant que le respect de la dignité des personnes. Les droits humains fondamentaux sont le socle des droits culturels des personnes. C’est en référence à ces valeurs communes de notre république que les questions posées par la présence de cet artiste sur scène doivent être abordées et discutées.

Les droits culturels nous encouragent à rechercher ce qui fait dialogue entre les personnes. Ils nous conduisent à exiger que, dans cette affaire comme dans bien d’autres, les arguments raisonnés prennent la place des passions. Entre le respect impératif de la dignité de chacun et celui tout aussi impératif de la liberté d’expression, comment trouver le bon équilibre, la bonne conciliation ?

Nous demandons, puisque la tournée de cet artiste se poursuit notamment dans des lieux adhérant à la FEDELIMA et au SMA, que les conditions d’un dialogue raisonné soient acceptées par toutes les parties. Nous invitons chacun à ce titre, à se référer particulièrement au rapport de Madame Shaheed sur « la liberté d’expression artistique et de création », ainsi qu’au communiqué de l’Observatoire de la liberté de création.

Cet effort de raison est d’autant plus important à mettre en place que certains élus ont, sans dialogue argumenté, exercé une forte pression sur les lieux et les festivals ayant pris la décision de programmer le spectacle dont il est question. De telles positions, prises unilatéralement, sont par principe inacceptables au regard des droits culturels mais aussi de l’article 2 de la loi Liberté de Création, Architecture et Patrimoine selon laquelle « la diffusion de la création artistique est libre ». Elles constituent une atteinte manifeste à la liberté de création et de diffusion.

Plutôt que de craindre la polémique, les élus de la République devraient rechercher les meilleures conditions du vouloir vivre ensemble. Leur responsabilité est d’appeler les parties à exprimer leurs arguments dans des débats publics sereins et apaisés.

La raison doit nous guider dans notre liberté de faire des choix, même si d’autres ne sont pas d’accord. Alors, débattons, confrontons nos points de vue, et laissons à chacun la liberté d’aller ou non voir un spectacle, à chaque artiste la liberté de créer, à chaque acteur la liberté de programmer !

La FEDELIMA et le SMA