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Communiqué

Date : 23/07/2025

La FEDELIMA co-signataire du plaidoyer de Zone Franche : Pour une meilleure découverte des musiques du monde francophone

PLAIDOYER POUR UNE MEILLEURE DÉCOUVERTE DES MUSIQUES DU MONDE FRANCOPHONE, DE LEURS CULTURES ET DE LEURS LANGUES DANS L’ENVIRONNEMENT NUMÉRIQUE

Rappel préliminaire

Il y a trois ans, Les Productions Nuits d’Afrique ont lancé le Laboratoire collectif La Percée, qui réunit artistes, professionnels de la culture et chercheurs pour analyser et mettre en lumière les défis de découvrabilité en ligne des Musiques du Monde.

En 2023, Zone Franche, le réseau des Musiques du Monde, est devenu partenaire et coréalisateur de La Percée pour son déploiement international, en mettant en œuvre la force et les synergies d’un réseau de professionnels présent sur plusieurs continents.

C’est ainsi que La Percée a pu aller à la rencontre des professionnels dans divers moments dont des salons internationaux en France (Babel Music XP, MaMA), en Afrique (MASA en Côte d’Ivoire, Visa For Music au Maroc), et lors d’un événement majeur : le Sommet de la Francophonie, à Paris, au mois d’octobre 2024.

Alors que la France Music Week a réuni ce mois de juin, à Paris, les géants de l’industrie musicale, dont ceux du numérique, nous publions ce plaidoyer fruit de ces années de concertation et de réflexion. Il interpelle l’ensemble des acteurs concernés pour préserver, promouvoir et faire rayonner, dans l’environnement numérique, la riche diversité des expressions musicales émanant des pays de l’espace francophone.

Nous appelons les professionnels de la musique de toute catégorie (salles et festivals, producteurs, salons, réseaux et fédérations, syndicats et collectifs, OGC, etc.) sensibles à ces enjeux à signer cet appel (lien ci-dessous) afin de poursuivre et élargir les échanges.

Le plaidoyer

Les services de diffusion de musique en continu (Spotify, Deezer, Apple Music, etc.) séduisent déjà plus d’un demi-milliard d’abonnés payants. Selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique, 59 % du temps que nous consacrons chaque semaine à écouter de la musique est passé sur ces services. Si l’on peut se réjouir de l’accès qu’elles donnent à une pléthore de contenus, soyons aussi conscients que les plateformes nous enferment dans une bulle d’écoute d’œuvres musicales qui se ressemblent et qui ne correspondent pas toujours à nos préférences.

Des études conjointes menées par le laboratoire collectif La Percée, des Productions Nuits d’Afrique, et la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement de l’Université de Québec à Montréal montrent que les systèmes de recommandations algorithmiques promeuvent surtout des courants musicaux dominants et internationaux déjà populaires, au détriment de productions nationales, régionales et locales moins connues, notamment dans l’espace francophone.

Pour l’heure, les plateformes de streaming ont tendance à ne pas valoriser ni véritablement favoriser la circulation et la découverte de la riche diversité du patrimoine musical francophone disponible en ligne, dont les œuvres et les créations musicales des artistes francophones d’Afrique, des Caraïbes, des Antilles et de l’Amérique latine.

Ce qui est préoccupant, c’est de constater par exemple que sur Spotify, on ne compte qu’un seul artiste francophone parmi les 20 artistes africains les plus écoutés, ce qui illustre la domination des productions anglophones et la difficulté pour les artistes francophones d’accéder à une audience mondiale. Par ailleurs, les récentes mesures et observations réalisées par le laboratoire La Percée, en étroite collaboration avec la firme Gradiant AI, permettent également de conclure qu’à niveau de popularité comparable (mesuré en nombre d’abonnés Spotify), les artistes de musiques du monde bénéficient en moyenne de 40 % moins d’exposition (et donc moins de découvrabilité) dans les playlists éditoriales de la plateforme que les autres artistes associés à d’autres catégories ou genres musicaux.

S’enfermer dans une bulle musicale restreinte

Puisque les deux tiers de toutes les écoutes sur Spotify se font à partir des listes de lecture, ce chiffre illustre une faible recommandation et mise en valeur de la grande richesse et de la diversité de la scène musicale francophone, par l’invisibilisation des artistes issus de l’immigration ou de la diversité et catégorisés dans des genres musicaux minoritaires. Cette sous-représentation devient particulièrement problématique lorsque l’on considère que les playlists représentent un gain considérable d’écoutes pour les artistes.

En effet, l’écart d’exposition de 40 % se traduit directement par un déficit de visibilité, de perspectives économiques et de reconnaissance pour les artistes concernés. L’absence relative des artistes de musiques du monde dans ces vitrines privilégiées limite considérablement leur capacité à atteindre de nouveaux publics, créant un cercle vicieux où le manque d’exposition initiale réduit les chances d’une découvrabilité et d’une popularité future.

De plus, les systèmes de recommandation des grandes plateformes privilégient les contenus déjà populaires ou issus de marchés dominants, ce qui renforce la marginalisation des musiques francophones de niche ou appartenant à des catégories et à des genres musicaux moins populaires. Les statistiques montrent notamment une faible proportion de streams et de titres pour ces répertoires dans les classements des morceaux les plus écoutés.

L’auditoire se retrouve donc enfermé dans une bulle musicale restreinte qui limite son exposition à la diversité dont se targuent pourtant les catalogues des services de streaming.

Ce phénomène de concentration des écoutes musicales en ligne creuse l’écart entre les succès largement promus et les artistes ou les titres moins connus, moins visibles et donc moins découvrables. Rappelons que, parmi les dizaines de millions de morceaux téléversés sur les plateformes en 2024, près de 80 % n’ont jamais été écoutés, selon Deezer. Ainsi, la diversité de l’offre disponible en ligne ne se traduit pas dans la consommation réelle de musique.

Passer de l’indignation à l’action

Cette tendance à la standardisation culturelle risque de s’accentuer à l’ère de l’IA générative, qui pourrait avoir des effets négatifs sur la diversité linguistique des contenus culturels auxquels nous sommes exposés. Avec la prolifération des contenus créatifs et culturels créés par l’IA, il devient aussi crucial de se préoccuper des risques de dévalorisation des œuvres humaines, d’une rémunération inéquitable des artistes, du non-respect des droits d’auteur et de l’intégration non autorisée de grandes quantités de musique pour l’entraînement de modèles de langage.

Selon la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, d’ici 2028, près de 20 % des revenus des plateformes de diffusion en continu et 60 % de leurs musicothèques pourraient provenir de musique générée par l’IA, ce qui entraînerait une perte radicale de revenus, estimée à une dizaine de milliards de dollars, pour l’industrie musicale au cours des années à venir.

Sans politiques publiques, réglementation ni lois adaptées en matière de culture, de découvrabilité, de droits d’auteur et de régulation des plateformes de diffusion en ligne et des systèmes d’IA, les géants du Web continueront à hiérarchiser nos productions culturelles, décidant de ce qui « mérite » d’être vu, entendu et recommandé, selon des critères opaques et motivés par la seule rentabilité.

Pour que ces plateformes fassent partie de la solution, elles doivent revoir leurs modèles afin de promouvoir plus d’équité, de diversité et d’inclusion, dans l’intérêt de leurs publics diversifiés et aux goûts éclectiques. Voir sa culture, sa langue et son identité représentées en ligne, c’est exister. Il y va de notre humanité commune, qui doit continuer à s’enrichir des vertus du dialogue interculturel. Il importera aussi de sensibiliser et d’éduquer les jeunes francophones afin qu’ils adoptent des comportements culturels plus responsables en ligne et qu’ils développent une appétence et une curiosité pour l’exploration musicale des voix d’expression multiculturelle.

Parce que la diversité des contenus en ligne est cruciale pour notre souveraineté culturelle, nous devons passer de l’indignation à l’action. Il s’agit d’empêcher une déshumanisation de la découverte musicale et de garantir dans l’espace francophone et partout dans le monde un accès équitable à une plus vaste palette de contenus musicaux en français ainsi que dans les autres langues nationales et locales coexistant dans la francophonie, qui contribuent à l’enrichissement culturel de chacun.

Il est urgent de ne pas laisser nos musiques et cultures francophones entre les mains d’une économie de marché dominée par quelques entreprises transnationales qui imposent à notre attention ce qu’il faut écouter, à partir des formules magiques de leurs algorithmes.

Le droit de découvrir

Pour que la magie des algorithmes opère, les plateformes de diffusion doivent comprendre qu’il est possible de mettre en valeur et de promouvoir la diversité des expressions nationales et locales sans nuire à leurs intérêts, à ceux de l’industrie musicale ou du public.

Il importe également de coconstruire un vocabulaire commun, en produisant de nouvelles taxonomies inclusives et en améliorant les pratiques d’indexation plus fine des œuvres (tenant compte des spécificités linguistiques et culturelles), de sorte à ainsi refléter la pluralité des genres musicaux au lieu de les regrouper dans des catégories génériques.

Nous, regroupements professionnels d’artistes et de créateurs, acteurs de l’industrie musicale, chercheurs et experts en découvrabilité et politiques culturelles, demandons qu’on reconnaisse le droit de chacun à découvrir, consommer et partager des contenus reflétant sa culture et sa langue et à y accéder, sur n’importe quelle plateforme.

Nous en appelons aux États, gouvernements et organisations internationales : adoptez et appliquez des normes, des principes, des directives, des traités, des protocoles, des politiques publiques, des lois, des règlements et toute mesure proactive en matière de découvrabilité culturelle, de soutien à la transformation numérique des secteurs culturels, de régulation des plateformes et d’encadrement de l’IA pour protéger et promouvoir en ligne la diversité des expressions musicales des pays francophones. C’est aussi à nos décideurs publics de prendre des mesures pour soutenir le renforcement des compétences numériques, la formation et l’accompagnement des artistes, des créateurs et des professionnels francophones afin qu’ils puissent mieux référencer leurs œuvres (mots-clés, métadonnées, stratégies de promotion) et ainsi améliorer leur découvrabilité.

Soucieux de l’intérêt public et des choix déterminants pour l’avenir de nos sociétés, dans un contexte où le rapport de force favorise les géants du Web guidés par leurs seuls intérêts économiques, nous devons rester mobilisés, chacun dans l’exercice de ses responsabilités, pour mener ce combat nécessaire. Abdiquer reviendrait à laisser ces multinationales écraser la souveraineté culturelle à laquelle aspirent les peuples et les nations francophones. Nos acquis en matière de protection et de promotion de la diversité des expressions culturelles sont aujourd’hui gravement fragilisés et remis en cause.

Cet engagement est essentiel pour assurer la pérennité du pluralisme musical et préserver notre capacité à faire découvrir une culture francophone vibrante, que créateurs et publics de tous horizons pourront s’approprier à leur tour.

Destiny Tchéhouali, Professeur en communication internationale à l’UQAM, Titulaire de la Chaire Unesco en communication et technologies pour le développement et Directeur scientifique du Laboratoire La Percée

Johan Lauret, Directeur de projet du Laboratoire La Percée

Suzanne Rousseau, Directrice générale et co-fondatrice des Productions Nuits d’Afrique

Sébastien Laussel, Directeur de Zone Franche, le Réseau des Musiques du monde

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Date : 14/06/2024

Les organisations de la culture s’expriment d’une même voix

À l’issue des élections européennes qui se sont tenues le 9 juin et suite à la décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée Nationale et de convoquer des élections législatives sous trois semaines, l’ensemble des organisations du spectacle vivant et de la culture signataires souhaitent s’exprimer d’une même voix.

Le risque d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir est aujourd’hui une réalité concrète.
Nos organisations appellent toutes les forces politiques opposées au message de haine et de rejet qu’incarne l’extrême droite à tout mettre en œuvre dans les jours qui viennent pour faire obstacle au Rassemblement National et à ses alliés.

Le monde des arts et de la culture est en prise directe avec la société et ses évolutions. Il existe par la rencontre de l’autre, la découverte de ses différences, l’expression de l’intime, dans le respect des identités et de la diversité.

Il participe à la construction collective d’un avenir durable, vivable, désirable, plus juste. Autant de notions incompatibles avec les idées de l’extrême droite.

Pour toutes ces raisons, nous appelons nos concitoyennes et concitoyens à se mobiliser lors des prochaines élections des 30 juin et 7 juillet pour faire barrage dans les urnes à l’extrême droite et à anticiper dès à présent leurs possibles procurations.

Signataires :
 ACTES PRO - Association de compagnies professionnelles de spectacle vivant des Hauts-de-France
 AJC - Le réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe
 Collectif Jeune Public des Hauts de France
 Combo 93 - Réseau des Musiques Actuelles du Val d’Oise
 CRAC Hauts-de-France
 De la Suite dans les Images
 devenir·art · réseau des arts visuels en Centre-Val de Loire
 FAMDT - Fédération des acteurs et actrices des musiques et danses traditionnelles
 FEDELIMA - Fédération des lieux de musiques actuelles
 FELIN - Fédération Nationale des Labels Indépendants
 Fneijma - Fédération Nationale des Écoles d’influence Jazz et Musiques Actuelles
 FRACAMA - Fédération et Pôle Musiques Actuelles Région Centre-Val de Loire
 Fédéchanson - Fédération des actrices et acteurs de la chanson francophone
 Fédémétal - Fédération des Musiques Métalliques
 Fédérap • groupement professionnel du rap
 féma - musiques actuelles en Bourgogne-Franche-Comté
 Férarock - Fédération de radios associatives de découvertes musicales
 Grabuge - Réseau des musiques actuelles du Grand Est
 Grand Bureau - Réseau des musiques actuelles en Auvergne-Rhône-Alpes
 Haute Fidélité - Pôle des musiques actuelles en Hauts-de-France
 Hauts-de-France en Scène
 La Frasque
 Le Pôle de coopération de la Filière musicale en Pays de la Loire
 MAAD 93 - Musiques en Scène-Saint-Denis
 Octopus - Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
 PAM - Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale En Région Sud & Corse
 Pioche ! Magazine
 RIF - Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
 RIM - Réseau des Indépendants de la Musique
 Seize Mille - Réseau art contemporain Bourgogne-Franche-Comté
 SMA - Syndicat des Musiques Actuelles
 Supermab - coopération pour les musiques actuelles en Bretagne
 Technopol - L’association des musiques électroniques
 Tempo - Réseau des musiques actuelles de la métropole grenobloise
 Zone Franche - Réseau des Musiques du Monde


Date : 17/01/2024

Communiqué - 14 organisations du spectacle vivant présenteur leur plan d’action commun pour une transformation du secteur

Nous, organisations professionnelles, fédérations et réseaux du spectacle vivant public et privé, toutes esthétiques et économies confondues, représentant 4000 structures, établissements, entreprises et artistes-auteur·ices, avons décidé d’une coopération durable pour mettre en œuvre plus efficacement la transformation écologique et penser ensemble les évolutions systémiques nécessaires.

Conformément à l’engagement pris début 2023, nous avons construit et déployé ensemble une formation à destination des directions de nos structures adhérentes, signe de notre volonté de sensibiliser massivement nos membres aux enjeux de la transformation écologique. Nous nous sommes également investis tout au long de l’année dans la définition d’une stratégie commune pour accélérer la transformation du spectacle vivant. Nous avons mobilisé le temps et les ressources nécessaires à ce travail coopératif, et avons impliqué nos salarié·e·s et adhérent·e·s dans 5 groupes thématiques.

Plutôt que de viser l’exhaustivité, nous avons choisi de nous concentrer sur des thématiques identifiées fin 2022 comme celles sur lesquelles nos organisations ont la capacité d’agir de façon conjointe : Formation, Politiques culturelles et leurs financements, Travail et emploi, Informations et outils, et Mobilités. Pour chaque thématique, nous avons identifié des engagements à concrétiser collectivement dès 2024, et des préconisations sur les travaux complémentaires à partager avec l’ensemble du secteur.

Notre proposition est désormais prête à être mise en commun, et surtout, mise en œuvre. Au-delà des nouveaux engagements que nous y prenons, ce plan d’action dynamique est conçu pour être débattu et réévalué au fil des années, en fonction des avancées collectives et des ajustements dictés par la réalité des crises à venir.

Pour contribuer à la transformation écologique du secteur, nous nous engageons à :

  • Recenser les formations existantes et les rendre plus visibles et accessibles
  • Contribuer à rendre obligatoire la formation des directions des structures du spectacle vivant
  • Recenser et analyser les pratiques d’éco-conditionnalité
  • Tenir une position partagée sur les adaptations espérées des dispositifs de politiques publiques
  • Mieux diffuser auprès de nos adhérent·e·s les informations adaptées à leurs défis de transition
  • Encourager et accompagner nos adhérent·e·s à la mise en place de modalités contractuelles engagées
  • Mutualiser des postes d’éco-conseiller·ère·s entre nos organisations
  • Construire une position partagée en matière de mobilités culturelles

Et à continuer de pérenniser cette collaboration étroite entamée à la fin de l’année 2022 pour permettre la réalisation de ces engagements. Ce plan d’action donne lieu à un dialogue continu entre nos organisations sur les défis écologiques, créant ainsi les conditions d’une coopération qui pourra dépasser le cadre initié par ARVIVA pour irriguer d’autres espaces.

Une conférence de presse en présence des signataires se tiendra dans le cadre des BIS le 18 janvier 2023 à 9h au « Club de l’Atlantique » de la Cité des Congrès de Nantes, 5 Rue de Valmy, 44000 Nantes.

Signataires :
– ASTP – Association pour le soutien du théâtre privé
– FEDELIMA – Fédération des lieux de musiques actuelles
– FEVIS – Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés
– Les Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, orchestres et festivals lyriques
– France Festivals – Fédération française des festivals de musique et du spectacle vivant
– Futurs Composés – Réseau National de la Création Musicale
– PRODISS – Syndicat des Entrepreneurs du Spectacle Vivant Privé
– PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de musique
– La Scène Indépendante – Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles
– SMC – Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine
– SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
– SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques
– SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants
– ARVIVA – Arts vivants, Arts durables

Contact presse : contact arviva.org


Date : 25/09/2023

Communiqué - Formation des dirigeant·e·s à la transformation écologique

En janvier 2023, plusieurs réseaux et organisations professionnelles d’employeurs représentant près de 4000 structures publiques et privées du spectacle vivant se sont engagées à une coopération durable et à déployer dès cette fin d’année une formation sur la transformation écologique à destination de leurs adhérent·e·s.

Afin d’infuser l’ensemble des structures et leur stratégie, le premier jalon sera d’outiller les directions pour qu’elles puissent poser les bases d’une démarche ambitieuse de transformation.

La coordination d’une première formation s’adressant directement aux directions des structures du spectacle sur tout le territoire métropolitain a été confiée à ARVIVA, qui a fait appel à Cyril Delfosse (Le Bureau des Acclimatations) pour en concevoir le contenu.

Afin de garantir une formation adaptée aux réalités des structures concernées, chaque étape de la création (cahier des charges, contenu, stratégie de déploiement) a été pensée avec les organisations impliquées et validée par celles-ci. La conception comme la diffusion de cette formation, inédite à si grande échelle, illustre bien le choix d’une logique de coopération. Les sessions de formation se dérouleront dans des lieux membres des différents réseaux, fédérations et syndicats et seront assurées par des formateur·rice·s issu·e·s d’un appel à manifestation d’intérêt à échelle nationale.

Cette coopération inter-organisations a permis d’établir un calendrier ambitieux. Une première phase de déploiement se tiendra à l’automne 2023, avec 2 sessions organisées dans chacune des 13 régions de France métropolitaine. Chaque session pourra réunir jusqu’à 30 personnes.

Cette première phase est un préambule à un plus grand déploiement, prévu au début de l’année 2024, avec pour objectif pour les organisations professionnelles d’avoir formé l’ensemble des directions de leurs structures adhérentes d’ici au milieu de l’année 2024.

En parallèle de la concrétisation de cet engagement, les organisations membres d’ARVIVA poursuivent la rédaction d’une feuille de route commune en faveur d’une transformation systémique du secteur, qui sera rendue publique début 2024.

Lien vers le site internet et le formulaire d’inscription



Liste des signataires :

  • ARVIVA – Arts vivants, arts durables
  • CAMULC – Syndicat national des Cabarets, Music-halls et Lieux de Création
  • FEDELIMA – Fédération des Lieux de Musiques Actuelles
  • FEVIS – Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés
  • FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue
  • France Festivals
  • Futurs Composés – Réseau national de la création artistique
  • Grands Formats
  • PRODISS – Syndicat National du Spectacle Musical et de Variétés
  • PROFEDIM – Syndicat Professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique
  • La Scène Indépendante – Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles
  • SCÈNES – Fédération de la création artistique privée, théâtre, cabarets, producteurs, diffuseurs et lieux de spectacles
  • SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
  • SNDTP – Syndicat National du Théâtre Privé
  • SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques
  • SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants

Contact presse : eloise arviva.org


Date : 27/04/2023

Communiqué de presse en réaction à la sortie du rapport du sénateur Julien Bargeton sur « la stratégie de financement de la filière musicale en France »

La FEDELIMA, fédération des lieux de musiques actuelles, tient à saluer le travail du sénateur Julien Bargeton qui, dans son rapport remis le 20 avril 2023 à la ministre de la Culture, rend plusieurs préconisations et premières pistes de réflexion auxquelles nous souscrivons pleinement.

La proposition, en particulier, de création d’une contribution financière des acteurs de la musique enregistrée est nécessaire et justifiée. De même, la proposition de l’extension de la taxe sur les spectacles à l’ensemble du champ musical, permettant de mettre les acteurs sur un pied d’égalité, traduit ainsi notre responsabilité commune dans le financement de la filière. Nous relevons également la proposition de baisser le mécanisme de droit de tirage et l’attention portée aux contrats de filières en régions. Ces quatre propositions permettent de renforcer le financement de projets d’intérêt général. Enfin, nous soutenons la proposition de consolider la mission d’observation de la filière musicale.

Toutefois, au regard de la lettre de mission fixée par la Première ministre qui a confié au sénateur Julien Bargeton une mission « de réflexion sur le financement des politiques publiques en direction de la filière musicale », nous souhaitons apporter de la nuance à cet enthousiasme.

La FEDELIMA, dont les membres se revendiquent de l’économie sociale et solidaire*, constate que le rapport se concentre principalement sur le financement de l’établissement public du « Centre national de la musique » et sur la partie marchande de la filière musicale, laissant ainsi planer le doute quant à la mise en place d’une stratégie globale et ambitieuse pour la filière musicale française, qu’il est pourtant aujourd’hui important de sécuriser face à l’industrialisation galopante et au phénomène de concentration qui est à l’œuvre.

Si le sénateur Julien Bargeton note, dans sa conclusion, que sa mission ne consistait pas à « traiter la place durable de la musique en France (...) qui ne peut se passer d’une réflexion approfondie sur l’éducation artistique, de la musique à l’école à la formation dans les conservatoires en passant par les pratiques amateurs », nous regrettons qu’une réflexion plus approfondie n’ait pas été menée sur le financement de la filière musicale dans son intégralité, incluant, en particulier, l’articulation de l’ambition politique et des financements pour la filière musicale entre le Centre national de la musique, le ministère de la Culture et les collectivités territoriales. Le Centre national de la musique ne saurait être le seul outil d’une nouvelle ambition pour la filière musicale en France.

Nous regrettons enfin que le rapport n’aborde pas le financement de la filière à l’aune des enjeux de société : la transition écologique, la nécessité de créer, produire et diffuser mieux, de permettre une accessibilité de toutes et tous à la musique, la nécessité de favoriser l’inclusion, la diversité, le vivre ensemble. Nous défendons l’idée d’une filière vertueuse, capable de sécuriser les acteurs actuels et les parcours professionnels, d’accompagner les créations artistiques, qu’elles soient professionnelles ou en amateur, destinées à une large audience ou à un public confidentiel. Nous défendons l’idée d’une filière éthique, où l’on favorise le bien-être au travail et une vision positive de nos métiers, tout en permettant le renouvellement des pratiques artistiques, l’émergence de nouvelles formes et l’existence d’une réelle diversité artistique pour les publics et les musicien·ne·s.

La FEDELIMA reste attentive à la traduction politique de ce rapport et se tient prête à poursuivre des échanges constructifs et fructueux concernant la stratégie de financement de la filière musicale en France.

* La FEDELIMA défend l’existence d’initiatives citoyennes et non lucratives, différenciées des institutions publiques, dans les multiples dimensions des espaces urbains, périurbains et ruraux. À côté de projets portés par une finalité essentiellement lucrative, des projets artistiques et culturels – et notamment musicaux - ont intérêt à se développer sur tous les territoires et en harmonie avec leurs habitants. Il en va de la dynamique sociétale et d’un vouloir vivre ensemble dépassant largement la seule rentabilité économique. Développant leur projet dans le cadre d’une économie plurielle, les adhérents de la FEDELIMA s’accordent ainsi sur la primauté de l’humain sur le marchand, une orientation explicite au service de l’intérêt général, l’utilité sociale et un ancrage territorial fort.