Actus

Communiqué

Date : 23/04/2026

Lancement de l’enquête nationale sur les libertés associatives et le pouvoir d’agir dans la culture !

Liberté d’action et réalités économiques : quelles difficultés pour les structures culturelles ?

Depuis quelques années, nous observons une multiplication des tentatives ou cas d’entraves avérés à la liberté de création et aux libertés associatives, s’inscrivant de plus dans un climat général d’austérité budgétaire et de montée réactionnaire.

Face à cette situation, un consortium de chercheur∙euses, d’acteur∙rices et d’organisations collectives du secteur culturel, coordonnés par l’Observatoire des Libertés Associatives et l’UFISC, lance une grande enquête nationale portant à la fois sur l’état des libertés associatives et de création des structures artistiques et culturelles du champ de l’Économie Sociale et Solidaire et sur les baisses de financements publics et leur impact sur l’emploi et l’économie des structures.

L’objectif ?

Etudier, mieux qualifier et comprendre tous les phénomènes d’entraves au pouvoir d’agir des structures culturelles et artistiques d’intérêt général.

Et tenter de répondre à ces questions : les acteurs culturels peuvent-ils encore créer, programmer et s’exprimer librement ? Leurs conditions économiques fragilisent-elles leurs marges de manœuvre ?

Cette enquête nationale porte sur :

  • Les entraves à la liberté de création (et ses corollaires que sont la liberté de diffusion, la liberté de programmation et la liberté d’expression) : censures, pressions, interdictions, attaques, perturbations, dégradations…
  • Les entraves aux libertés associatives : financières et matérielles, juridiques et réglementaires, policières et physiques ou encore symboliques et de disqualification.
  • Les baisses de financement et leur impact sur l’emploi et l’économie des structures.

Pressions sur les libertés d’un côté. Étranglement économique de l’autre. Ces deux phénomènes se nourrissent mutuellement.

Qui peut participer ?

Équipes artistiques, compagnies, labels indépendants, collectifs d’artistes, lieux intermédiaires et indépendants, salles de diffusion et d’exposition, radios, médias locaux et participatifs, écoles, festivals…Toutes les structures culturelles et artistiques sont concernées !

Comment participer ?

→ Complétez le questionnaire !

Le questionnaire prend une vingtaine de minutes à compléter. Anonymisé, simple et rapide, il est néanmoins préférable qu’il soit rempli par un·e responsable (directeur·ice, président·e, etc.) de la structure participante.


Date : 08/04/2026

+ que la musique : Six organisations des musiques actuelles lancent une campagne collective pour défendre la diversité

Pousser la porte d’une salle, explorer un festival, s’arrêter sur une radio associative, écouter un·e artiste signé·e sur un label indépendant, ces actions traduisent, au-delà de la musique, le choix de chacun·e en faveur de la curiosité, de la découverte, de la rencontre... ces choix témoignent aussi de la confiance accordée à celles et ceux qui créent, organisent, diffusent ou produisent avec un véritable intérêt artistique et dans une démarche tournée vers la diversité culturelle et l’intérêt général.

Nos 6 organisations,

  • c’est + de 900 structures de la filière des musiques actuelles
  • c’est + de 230 festivals qui se déroulent en France et à l’étranger
  • c’est + de 1000 albums produits chaque année
  • c’est + de 220 salles de concerts en France et à l’étranger
  • c’est + de 300 structures de production de spectacles
  • c’est + de 190 labels
  • c’est + de 40 radios associatives en France et en Europe
  • c’est + de 6 millions de spectateur·rices accueilli·es chaque année

Les structures que nous représentons (salles, festivals, radios, producteurs de spectacles, labels…) ont toujours à cœur de vous faire découvrir, vibrer et échanger. Nous expérimentons, nous cherchons parfois l’intimisme et le sensible, souvent la beauté et ce qui fédère, nous défendons aussi ce qui pourrait plaire, ce qui plaira peut-être un jour. Nous prenons des risques pour que la curiosité, la convivialité, l’émotion et l’engagement soient au rendez-vous.

Parce que la musique, ce n’est pas seulement des têtes d’affiche, c’est aussi des ateliers dans les prisons auprès des détenu·es en vue de les réinsérer au mieux, des concerts dans les hôpitaux pour faire oublier le quotidien des malades, des échanges avec les artistes dans des lycées pour susciter la curiosité des scolaires et le débat ou des concerts dans des crèches pour rechercher l’émotion dès le plus jeune âge.

Parce que la musique, c’est avant tout des artistes : celles et ceux qu’on accompagne dès les premiers pas, à qui on ouvre un studio, une scène, une antenne, que l’on signe sur un label pour que l’aventure continue d’exister au rythme de chacun·e.

Dans un contexte climatique, économique et politique de plus en plus incertain, les équilibres qui rendaient tout cela possible sont aujourd’hui questionnés, et nos modèles profondément fragilisés : un festival sur deux est en déficit, des salles sont menacées de fermeture, des artistes sont invisibilisé·es et les radios associatives sont en danger.

Parallèlement, les mécanismes de redistribution existants dans la musique sont bridés : les têtes d’affiche ne financent plus la découverte comme ce devrait être le cas et comme cela fonctionne si bien dans le cinéma ! De même, les logiques de concentration gagnent du terrain sans faire l’objet d’une régulation à la hauteur des enjeux, au risque d’affaiblir la diversité des acteur·rices, des esthétiques et des propositions.

Ainsi, nos six organisations ont décidé de se regrouper pour valoriser ensemble ce que nous proposons dans les salles, les festivals, dans les tournées, sur les labels et les radios. A compter de ce 8 avril, nous aurons à cœur collectivement de mettre en valeur tant auprès des publics que de nos partenaires ce qui nous singularise et nous lie, ainsi que notre plus-value sociétale, territoriale et sociale.

Nous avons encore la belle naïveté de penser que la musique qui rassemble est plus que jamais essentielle dans un monde polarisé et souvent divisé.

Nous défendons la découverte, la diversité, la curiosité, l’indépendance, la convivialité, la proximité, l’accessibilité, l’émotion, le collectif, l’émergence, l’engagement et le partage.

Nous défendons la musique et + que la musique !


Date : 27/01/2026

Manifeste : pour une politique culturelle de l’artisanat musical, de la diversité et du commun

En 2025, plusieurs fédérations et réseaux nationaux des musiques actuelles et populaires ont engagé une coopération en vue de la rédaction d’un texte commun, destiné à porter une parole partagée autour de la notion d’artisanat culturel et de la défense de la diversité et du commun. Après une première présentation en décembre dernier lors des rencontres nationales d’AJC à la Dynamo (Pantin) et une lecture croisée effectuée en marge des BIS à Nantes le 22 janvier 2026, nous partageons aujourd’hui plus largement ce manifeste.

Des cafés-concerts aux scènes labellisées, des musiques traditionnelles aux musiques du monde, du jazz aux musiques amplifiées et exploratoires, nous venons d’horizons multiples mais portons la même conviction : la musique est un lien, une expérience partagée. Face à l’industrie qui uniformise, nous défendons l’artisanat qui relie ; face au flux, le temps long ; face à la concurrence, la coopération. Nous ne demandons pas de faveur, mais la reconnaissance de ce travail patient et de cette économie de sens. Il n’y a pas de musique vivante sans écosystèmes vivants : sans lieux, sans artistes, sans habitant.es, sans lien.

Nous appelons les pouvoirs publics et les collectivités à bâtir avec nous une alliance culturelle plus juste, plus sobre et plus ancrée dans les territoires.


Date : 05/12/2025

Communiqué - Budget du silence - Ne laissons pas la France perdre ses voix

Il y a des silences qui en disent long.

Derrière les coupes budgétaires, les réorganisations administratives et les arbitrages comptables, c’est toute une part de la voix de la France que l’on étouffe.

La voix de celles et ceux qui racontent nos territoires, nos cultures, nos imaginaires.

La voix de celles et ceux qui donnent la parole là où elle ne passe plus.

La voix de celles et ceux qui font encore entendre le réel, le vivant, le commun.

Depuis plusieurs années, les actrices et acteurs de l’intérêt général, les indépendant∙es de la culture, des médias, de l’économie sociale et solidaire se battent pour maintenir une liberté d’expression, de création et de transmission en dehors des logiques de marché.

C’est un écosystème fragile et essentiel, fait d’associations, de collectifs, de radios, de revues, de compagnies, de lieux, de structures artistiques, culturelles, scientifiques ou sociales.

Partout, ces initiatives tissent du lien, fabriquent du sens, nourrissent le débat public et font vivre la démocratie au quotidien.

Or, c’est précisément cet écosystème qui est aujourd’hui menacé.

Les réductions massives des crédits culturels et associatifs ne sont pas une simple variable d’ajustement : elles traduisent un changement de cap politique.

Celui d’un État qui renonce à sa promesse d’une culture par et pour toutes et tous, d’une information libre et indépendante, d’une société ouverte, curieuse et éclairée.

On ne parle pas ici d’un “plaisir culturel” ou d’un “aménagement de niche”.

On parle d’un bien commun démocratique : le droit d’informer, de comprendre, de débattre, de rencontrer et de créer.

Quand l’expression libre s’éteint, c’est la démocratie qui s’affaiblit.

Les médias associatifs, les structures d’éducation populaire, les maisons d’édition indépendantes, les équipes artistiques, les actrices et acteurs de terrain, les bénévoles, … toutes et tous sont touché∙es par le même mal : l’asphyxie.

Les radios locales, en particulier, en sont une illustration exemplaire : elles incarnent ce lien direct entre la parole citoyenne et la vie démocratique. Présentes là où d’autres ne vont plus, elles sont parmi les premières flammes qu’éteint le budget du silence.

Les radios associatives sont parmi les plus impactées par le projet de Loi de Finances pour 2026 qui prévoit une coupe de 44,5 % dans l’enveloppe du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique locale dédiée aux radios associatives (-15,7 millions d’euros !), comme cela avait été tenté lors du budget 2025 [1]

Et d’autres attaques envisagées en direction du financement des associations et initiatives citoyennes culturelles sont toutes aussi inquiétantes, à l’instar des importantes baisses prévues sur le financement des programmes Création (131) et Transmission des savoirs et démocratisation de la culture (361), sur le FONPEPS, dispositif d’aide indispensable au soutien de l’emploi associatif ou encore sur les crédits alloués au Centre National de la Musique. C’est plus de 200 millions d’euros d’austérité sur la culture !

Plus globalement, le tissu associatif et citoyen qui maille les territoires est terriblement mis à mal par le budget 2026. Les Tiers-Lieux perdent 95% de leur financement, l’ESS voit son budget baisser de 54 %, les services civiques subissent une coupe de 20%, l’insertion dans l’emploi par les contrats aidés perd 118 millions d’euros soit 76 % de ses aides, l’aide publique au développement perd 700 millions d’euros [2] et la liste est encore longue. Au total, près de 90 000 emplois associatifs sont directement menacés [3]. Tous les territoires sont touchés.

Cette politique du silence #BudgetDuSilence ne frappe pas des professions, mais une société tout entière.

Elle oppose la logique comptable à celle du bien commun.

Elle réduit à des lignes budgétaires ce qui fonde une nation : la possibilité de penser, de débattre, d’imaginer et de faire ensemble.

Nous ne demandons pas des privilèges.

Nous demandons que la parole, la culture et l’esprit critique soient reconnus comme des investissements publics vitaux. Nous demandons que l’État assume pleinement son rôle de garant de la diversité culturelle, des droits fondamentaux, de l’accès à l’information, de la liberté de création et de la vie démocratique.

Face au budget du silence, nous appelons à un sursaut collectif.

Celui de toutes celles et ceux qui croient que la culture, l’information, la création et l’expression citoyenne ne sont pas des dépenses superflues, mais les piliers d’un pays vivant et libre.

Ensemble, en lien avec les dynamiques culturelles et associatives qui se mobilisent pour que vive la participation citoyenne.

Nous invitons toutes les structures, associations, artistes, médias, collectifs, universitaires, citoyennes, citoyens et partenaires publics à rejoindre cet appel commun.

Parce que ce combat dépasse nos métiers, nos champs d’action et nos sensibilités.

Parce qu’il concerne notre capacité à faire société.

Une tribune proposée par l’Association Les Locales (CNRA et SNRL), Union des organisations représentatives des radios associatives, avec le soutien de la Férarock et de Radio Campus France dans le cadre de la Mobilisation et Coopération Art et Culture.

  • CNRA – Confédération Nationale des Radios Associatives
  • SNRL – Syndicat National des Radios Libres
  • FERAROCK – Fédération des Radios Associatives de Musiques Actuelles
  • Radio Campus France - Fédération nationale de radios associatives étudiantes

[1Les chiffres du PLF 2026 sont issus des projets annuels de performances (PAP) des programmes 180 “Presse et médias”, 131 “Création”, 361 “Transmission des savoirs et démocratisation de la culture”, 112 “Impulsion et coordination de la politique d’aménagement du territoire”, 305 “Stratégies économiques”, 163 “Jeunesse et vie associative”, 102 “Accès et retour à l’emploi”.


Date : 24/07/2025

Communiqué de la MCAC : investir dans ce qui nous tient ensemble : pour un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire !

Communiqué du 24 juillet 2025, Mobilisation et Coopération Arts et Culture – MCAC 2025

Née dans le contexte de la crise COVID et relancée en avril 2025 à l’initiative de l’UFISC, la Mobilisation et Coopération Art et Culture (MCAC) s’est imposée comme un espace de mobilisation, de coopération, de veille et de plaidoyer, qui rassemble plus de cinquante fédérations (dont la FEDELIMA), réseaux et organisations professionnelles du secteur artistique et culturel (→ lire la déclaration d’intention des organisations participantes).

Face aux politiques d’austérité et aux attaques réactionnaires qui fragilisent aujourd’hui l’ensemble du champ associatif et de l’intérêt général, la MCAC appelle à une réponse collective et alerte sur un véritable plan social à bas bruit, qui menace l’ensemble de l’écosystème culturel et artistique en même temps que les droits culturels et les libertés fondamentales.

Investir dans ce qui nous tient ensemble : pour un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire !

En pleine période de programmation estivale, tandis que les projecteurs s’allument sur certains lieux emblématiques, le tissu artistique et culturel de proximité, celui qui fait aussi vivre la création au quotidien, se délite dans le silence.

L’annonce de 6 millions d’euros supplémentaires pour les réseaux culturels labellisés par l’État est, certes, bienvenue. Mais cela ne bénéficiera pas à la diversité de l’écosystème culturel associatif et de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), ni aux équipes artistiques, ni aux artistes-auteur·ices, ni aux lieux intermédiaires, ni aux collectifs de production, etc. Cette annonce s’inscrit dans un projet de budget 2026 qui baisse de 200 millions d’euros le budget du ministère de la culture, coupe les moyens d’autres ministères et demande un effort inouï aux collectivités territoriales qui risquent de facto de diminuer leurs budgets culturels.

Si vous poursuivez dans cette logique, vous tuez les associations et les autres modèles de l’ESS ; vous déclarez inutiles les missions d’intérêt général qu’elles assument ; vous condamnez ce qui fait la nature même de la France : la vitalité artistique, culturelle et citoyenne qui irrigue nos territoires, façonne les imaginaires, favorise les modes d’habiter, crée de la richesse économique, sociale et démocratique partout.

Il est temps d’assumer un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire, au service de l’intérêt général.

L’argent existe : les 211 milliards d’aides publiques annuelles aux grandes entreprises versés sans contrôle, sans évaluation, souvent pour servir les actionnaires plutôt que l’intérêt général.

Ne cherchez pas des économies sur le dos des droits fondamentaux des Français·es. Cherchez-les plutôt dans les profits démesurés des plus riches, dans les marges indécentes des grandes entreprises, dans la fraude et dans les gâchis que dénonce le Sénat dans son rapport d’enquête. On a retrouvé les 40 milliards : ils dorment dans des dividendes, des rachats d’actions et des niches mal contrôlées (→ Rapport d’enquête sur le financement des grandes entreprises - Commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants du 1er juillet 2025).

Nous demandons :

  • Un grand plan national de revitalisation culturelle, sociale et solidaire, coconstruit et financé à la hauteur des besoins.

  • Une réorientation massive des aides publiques, conditionnées à des engagements concrets en faveur des droits fondamentaux, de la transition écologique, de l’emploi, des territoires, de la coopération, de la justice sociale et d’une réelle égalité.

  • La reconnaissance pleine et entière des associations et autres structures artistiques et culturelles à buts autres que lucratifs comme piliers de la République et de l’intérêt général.

Le gouvernement a les moyens. Nous lui demandons d’avoir le courage politique et la volonté de mettre l’argent là où il sert vraiment à créer de la richesse collective, à investir dans ce qui nous tient ensemble !