Actus

Communiqué

Date : 04/01/2022

Pour la reprise des concerts debout !

Communiqué de presse de la FEDELIMA et du SMA

Paris, le 4 janvier 2022

Lors de l’allocution du 27 décembre dernier, le Premier ministre a annoncé l’interdiction des concerts debout ainsi que celle des rassemblements de plus de 2 000 personnes en intérieur et de 5 000 personnes en extérieur à compter du 3 janvier 2022 et pour une période de trois semaines, cela en vue d’endiguer le nouveau pic épidémique au lendemain des fêtes de Noël.

Nos organisations sont en colère suite à ces annonces qui n’ont donné lieu à aucune concertation préalable avec la profession et les désapprouvent radicalement.

En effet, au printemps dernier, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a conclu que la présence au concert-test d’Indochine organisé en lien avec le Prodiss « n’a pas été associée à un surrisque de transmission du (Covid-19) », y compris « en configuration debout, sans distanciation physique » et ce « chez des personnes masquées avec un test antigénique négatif dans une salle fermée ».
Cette étude a pu depuis être corroborée par d’autres, telles que celle de l’Institut Pasteur qui juge les lieux culturels à faible risque, ou encore celle publiée fin novembre 2021 dans The Lancet qui a montré que les concerts qui se sont tenus entre fin mai et mi-août ne représentaient pas de risque supplémentaire de contracter le variant Delta.

Aussi nous dénonçons une nouvelle fois la stigmatisation du secteur des musiques actuelles dans le cadre de cette épidémie.
Nous servons encore de bouc émissaire au Gouvernement, puisqu’à la période de Noël, les salles de concert étaient en effet fermées, comme chaque année, en raison des fêtes de fin d’année.
En aucun cas, donc, les concerts debout n’ont pu concourir au pic épidémique survenu au lendemain des fêtes de Noël.

Par ailleurs, nous révoquons le traitement inéquitable que le Gouvernement réserve à notre secteur et demandons à ce qu’il cesse au plus vite. En effet, la reprise de nos activités depuis le 1er juillet dernier est déjà extrêmement complexe après tant de mois de fermeture.

Nous demandons une reprise des concerts debout dans les meilleurs délais et dans les mêmes conditions que celles imposées aux autres établissements recevant du public (ERP).
En effet, rappelons que les salles de concert sont d’ores et déjà soumises aux règles de présentation du pass sanitaire et de port du masque.

Les pratiques culturelles comme celle des musiques actuelles favorisent la production de sens, la sociabilité et l’ouverture au monde, autant de sujets vitaux actuellement pour notre démocratie.


Date : 10/12/2021

Communiqué

Empêcher un spectacle est un délit

En tant que membre de l’Observatoire de la liberté de création de la Ligue des droits de l’Homme, la FEDELIMA signe et relaie le communiqué ci-dessous.

En prétendant qu’il allait être d’inspiration « sataniste », des intégristes catholiques ont bloqué l’entrée d’un concert d’orgue d’Anna von Hausswolff, dans une église de Nantes, le 7 décembre 2021. L’Observatoire de la liberté de création, qui réunit une quinzaine d’organisations autour de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), rappelle que la liberté de s’exprimer de ces manifestants ne peut en aucun cas dégénérer en entrave à la liberté de création. Ces personnes doivent être poursuivies sur le fondement de l’article 431-1 du Code pénal.

Nous savons que les menaces de toutes sortes, et notamment les menaces des intégristes, planent sur les œuvres. C’est pour cela que nous avons constitué l’Observatoire en 2002. Nous avons une grande expérience de ce type de rapport de force, car c’est bien de cela qu’il s’agit, et nous déplorons que 370 spectateurs aient été privés du spectacle de cette musicienne suédoise par une cinquantaine d’intolérants.

Nous encourageons le lieu unique et les spectateurs à déposer plainte pour entrave à la liberté de création et de diffusion d’une œuvre contre ces activistes dont certains ont été identifiés. Nous leur proposons notre aide et notre soutien.

Nous encourageons vivement tous les lieux de diffusion de la culture à prendre conscience de la nécessité de s’informer, de s’organiser et prévenir ce genre d’incident pour que plus jamais, en France, on ne puisse lire dans le journal qu’un spectacle a été empêché.

Liste des membres de l’Observatoire de la liberté de création :
Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (Acid) ; Association des cinéastes documentaristes (Addoc) ; Section française de l’Association internationale des critiques d’art (Aica France) ; Fédération des lieux de musiques actuelles (FEDELIMA) ; Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT) ; Fédération nationale des arts de la rue ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Ligue de l’enseignement ; Les Forces musicales ; Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ; Syndicat français des artistes interprètes (SFA-CGT) ; Syndicat national des artistes plasticiens (Snap-CGT) ; Syndicat national des scènes publiques (SNSP) ; Société des réalisateurs de films (SRF) ; Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

Autres organisations signataires :
Fédération des acteurs et actrices des musiques et danses traditionnelles (FAMDT) ; France Festivals ; Futurs Composés, réseau national de la création musicale ; Grands Formats, fédération des grands ensembles et collectifs de jazz et musiques improvisées ; La GRUE - Fédération régionale des arts de la rue Pays-de-la-Loire ; Syndicat des musiques actuelles (SMA) ; Zone Franche, le réseau des musiques du monde.

Contact : Service communication de la LDH : communication ldh-france.org / 01 56 55 51 15


Date : 19/11/2021

Hommage à Françoise Dupas

Ce mercredi 17 novembre, nous avons appris avec une immense tristesse le décès de Françoise Dupas. Elle se battait depuis bientôt deux ans avec acharnement contre la maladie qui a malheureusement et finalement eu raison d’elle…

Nous tenons à lui rendre hommage pour tout ce qu’elle nous a apporté, ainsi qu’au secteur des musiques actuelles et du jazz pendant toutes ces années.

En effet, Françoise a d’abord été la première salariée de la naissante Fédurok. Aux côtés de Didier Veillault, président-fondateur, elle a contribué à installer la fédération, en réunissant les salles de concert et cafés-concerts de l’époque, devenus SMAC pour une bonne partie depuis.

A 30 ans, Françoise a rejoint le Grand Mix en 2001 pour remettre l’équipement sur pied. Elle a alors quitté Nantes pour Tourcoing et a contribué à faire de la salle de concerts ce qu’elle est devenue aujourd’hui : un lieu de référence pour la métropole lilloise et nationalement.

Comme Françoise en rigolait, elle a ensuite quitté le « grand » pour le « petit », en l’occurrence le Grand Mix pour le Petit Faucheux à Tours en 2008. Elle a parallèlement pris la présidence de la Fédération des Scènes de Jazz et y a insufflé une dynamique jusqu’à ce que celle-ci se regroupe finalement avec les salles de la Fédurok pour créer la FEDELIMA en 2013.

Elle s’est également fortement impliquée à l’échelle territoriale en présidant le Raoul, ou encore en tant que membre de la Fraca-Ma, réseaux régionaux de musiques actuelles.

Françoise était aussi très investie au sein du SMA dont elle assurait la vice-présidence depuis 2018. Elle a beaucoup contribué à développer le syndicat, en élargissant sa composition aux différents types de structures qui le composent désormais. Elle a aussi travaillé à ce que la dotation des SMAC par l’État soit revalorisée et cela avec succès.
Françoise était en outre très impliquée au sein du CNV, puis du CNM, où elle siégeait d’ailleurs encore.

Françoise était par ailleurs membre de la Fédération AJC ; sa disparition laissera dans le monde du jazz un grand manque tant son investissement était fort et passionné.

Au-delà de son implication si précieuse dans nos organisations, pour le développement et la reconnaissance de toutes nos musiques, Françoise était une activiste : elle a créé avec son frère Jean-Michel et les jeunes de Saffré le festival du Champ du Rock, elle a été aussi la première présidente de l’association Songo (à l’époque de L’Olympic, avant Stereolux), avant de travailler quelques temps à Olympic SARL, qui est devenue Auguri. Elle a également créé le label Quark avec Edward.

Françoise va terriblement nous manquer.

Elle était extrêmement investie, toujours force de proposition, pertinente, déterminée.
Sans le vouloir particulièrement, elle a servi de modèle, de source d’inspiration pour d’innombrables professionnel·les. Dans ce secteur particulièrement masculin, elle a été un exemple pour de nombreuses femmes désireuses de suivre son parcours.

Nous avons eu un immense bonheur à travailler avec elle tant elle était humaine, chaleureuse, lumineuse et soucieuse des autres.
Son implacable investissement au sein de nos structures faisait d’elle l’une des plus ardentes défenseures d’un service public de la culture fort, ouvert et curieux.

Nous nous attacherons à poursuivre les combats que nous avons commencés avec elle et à les mener à bien.

Nous adressons à sa famille et à ses proches toutes nos pensées…

AJC, la FEDELIMA et le SMA.


Date : 09/06/2021

Les concerts assis, ça ne tient pas debout !

La filière des musiques actuelles se mobilise et lance une campagne pour la reprise des concerts en configuration debout

Depuis le 13 mars 2020 et en raison de la pandémie mondiale de Covid-19, les concerts sont interdits. Toutefois, entre les deux périodes de confinement, de juin à octobre 2020, les artistes ont eu une brève opportunité de jouer à nouveau devant leurs publics, mais cela uniquement en configuration assise et dans un contexte très contraint, tels que le prévoyaient alors les textes en vigueur.
Depuis le 19 mai 2021, les concerts sont à nouveau autorisés, toujours uniquement en configuration assise et en jauge restreinte à 35%.
A compter de ce 9 juin, ils pourront désormais se dérouler avec une jauge de 65%, mais là encore avec cette contrainte de la configuration assise.
En outre, début mai, la ministre de la Culture et le Gouvernement ont annoncé que les concerts en configuration debout allaient pouvoir reprendre à compter du mois de juillet prochain, dans la limite d’une jauge de 4 m² par spectateur·trice.

Ces annonces laissent alors entendre aux publics que les configurations debout sont de nouveau possibles dès cet été, alors que, dans le même temps, les professionnel·le·s sont plongé·e·s dans une situation extrêmement inconfortable. En effet, à ce jour, aucun protocole ne leur a été présenté pour préciser les conditions d’accueil du public debout.
De surcroît, cette nouvelle jauge de 4 m² par personne reviendrait à réduire la jauge habituelle par 12. Ainsi, de manière surprenante et sans justification sanitaire, les configurations assises pourraient donc, dès le 1er juillet, compter davantage de spectateur·trice·s que les configurations debout.

Les professionnel·le·s des musiques actuelles se mobilisent aujourd’hui pour demander un retour des configurations debout dès le 1er juillet, assorti d’un protocole juste, clair et applicable.
Ils·elles tiennent à souligner et à reconnaitre les nombreux dispositifs transversaux dont le secteur des musiques actuelles a pu bénéficier (fonds de solidarité, exonérations de cotisations sociales, activité partielle, etc.) ; ainsi que les dispositifs spécifiques mis en œuvre par le CNM (fonds de secours et de sauvegarde, fonds festival, compensation des pertes de billetterie, etc.).
Ces différents mécanismes ont permis de préserver les entreprises du secteur des musiques actuelles. Toutefois, à l’heure de la reprise de l’ensemble des activités dans la société, il est inexplicable que seules les configurations debout ne puissent reprendre elles aussi. En effet, la configuration debout, même si elle n’est pas exclusive, fait partie intégrante de l’expérience esthétique et sociale des musiques actuelles. Elle est un symbole de liberté et d’égalité, la possibilité d’une interaction constitutive du spectacle lui-même.

L’ensemble de la filière des musiques actuelles [lieux de musiques actuelles, festivals, producteur·trice·s de spectacles, labels, radios, centres de formation, réseaux et fédérations] lance ainsi aujourd’hui l’appel « Les concerts assis, ça ne tient pas debout ! ».
Cet appel se déclinera ces prochaines semaines sous forme d’une campagne que vous découvrirez sur les réseaux sociaux.


Date : 05/03/2021

COMMUNIQUÉ – Sénatrices, sénateurs, nous vous demandons de voter contre l’article 25 de la proposition de loi sécurité globale !

La proposition de loi relative à la sécurité globale a été étudiée ce mercredi 3 mars en commission des lois au Sénat et, hélas, malgré nos alertes, l’article 25 a été maintenu.
Celui-ci prévoit : « Art. L. 315‑3. – Le fait qu’un fonctionnaire de la police nationale ou un militaire de la gendarmerie nationale porte son arme hors service, dans des conditions définies par arrêté du Ministre de l’Intérieur, ne peut lui être opposé lors de l’accès à un établissement recevant du public. »

Nos organisations rassemblent des centaines d’Etablissements Recevant du Public (ERP) : salles de concert, de spectacle, festivals, centres de formation, etc.

Si, depuis 2016, le port d’armes par les forces de l’ordre est autorisé hors service, il est alors opposable dans les établissements recevant du public, droit dont nous avons pu faire usage.
Cependant, avec l’adoption de l’article 25, la présence d’armes au sein d’ERP et donc de lieux culturels serait facilitée voire banalisée, et nous y voyons un grave danger.

En effet, notre expérience au plus près du terrain nous permet d’identifier des risques extrêmement dommageables et bien plus importants que les vertus illusoires de cet article 25 : mouvements de panique à la vue d’une arme, falsification de cartes de police pour introduire des armes, risques de débordements liés à l’environnement festif et à la présence d’alcool, etc.

Aussi, à la veille de l’étude de la proposition de loi en séance au Sénat les 16, 17 et 18 mars, nous interpellons haut et fort nos représentant·e·s élu·e·s pour leur demander de s’opposer à cet article.
En aucun cas, il ne nous semble que les Françaises et les Français soient désireux de vivre dans une société armée.

Nous invitons en outre tou·te·s les représentant·e·s d’ERP à nous rejoindre dans cette démarche afin d’obtenir ensemble la suppression de cet article.