Actus

Date : 23/07/2025

La FEDELIMA co-signataire du plaidoyer de Zone Franche : Pour une meilleure découverte des musiques du monde francophone

PLAIDOYER POUR UNE MEILLEURE DÉCOUVERTE DES MUSIQUES DU MONDE FRANCOPHONE, DE LEURS CULTURES ET DE LEURS LANGUES DANS L’ENVIRONNEMENT NUMÉRIQUE

Rappel préliminaire

Il y a trois ans, Les Productions Nuits d’Afrique ont lancé le Laboratoire collectif La Percée, qui réunit artistes, professionnels de la culture et chercheurs pour analyser et mettre en lumière les défis de découvrabilité en ligne des Musiques du Monde.

En 2023, Zone Franche, le réseau des Musiques du Monde, est devenu partenaire et coréalisateur de La Percée pour son déploiement international, en mettant en œuvre la force et les synergies d’un réseau de professionnels présent sur plusieurs continents.

C’est ainsi que La Percée a pu aller à la rencontre des professionnels dans divers moments dont des salons internationaux en France (Babel Music XP, MaMA), en Afrique (MASA en Côte d’Ivoire, Visa For Music au Maroc), et lors d’un événement majeur : le Sommet de la Francophonie, à Paris, au mois d’octobre 2024.

Alors que la France Music Week a réuni ce mois de juin, à Paris, les géants de l’industrie musicale, dont ceux du numérique, nous publions ce plaidoyer fruit de ces années de concertation et de réflexion. Il interpelle l’ensemble des acteurs concernés pour préserver, promouvoir et faire rayonner, dans l’environnement numérique, la riche diversité des expressions musicales émanant des pays de l’espace francophone.

Nous appelons les professionnels de la musique de toute catégorie (salles et festivals, producteurs, salons, réseaux et fédérations, syndicats et collectifs, OGC, etc.) sensibles à ces enjeux à signer cet appel (lien ci-dessous) afin de poursuivre et élargir les échanges.

Le plaidoyer

Les services de diffusion de musique en continu (Spotify, Deezer, Apple Music, etc.) séduisent déjà plus d’un demi-milliard d’abonnés payants. Selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique, 59 % du temps que nous consacrons chaque semaine à écouter de la musique est passé sur ces services. Si l’on peut se réjouir de l’accès qu’elles donnent à une pléthore de contenus, soyons aussi conscients que les plateformes nous enferment dans une bulle d’écoute d’œuvres musicales qui se ressemblent et qui ne correspondent pas toujours à nos préférences.

Des études conjointes menées par le laboratoire collectif La Percée, des Productions Nuits d’Afrique, et la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement de l’Université de Québec à Montréal montrent que les systèmes de recommandations algorithmiques promeuvent surtout des courants musicaux dominants et internationaux déjà populaires, au détriment de productions nationales, régionales et locales moins connues, notamment dans l’espace francophone.

Pour l’heure, les plateformes de streaming ont tendance à ne pas valoriser ni véritablement favoriser la circulation et la découverte de la riche diversité du patrimoine musical francophone disponible en ligne, dont les œuvres et les créations musicales des artistes francophones d’Afrique, des Caraïbes, des Antilles et de l’Amérique latine.

Ce qui est préoccupant, c’est de constater par exemple que sur Spotify, on ne compte qu’un seul artiste francophone parmi les 20 artistes africains les plus écoutés, ce qui illustre la domination des productions anglophones et la difficulté pour les artistes francophones d’accéder à une audience mondiale. Par ailleurs, les récentes mesures et observations réalisées par le laboratoire La Percée, en étroite collaboration avec la firme Gradiant AI, permettent également de conclure qu’à niveau de popularité comparable (mesuré en nombre d’abonnés Spotify), les artistes de musiques du monde bénéficient en moyenne de 40 % moins d’exposition (et donc moins de découvrabilité) dans les playlists éditoriales de la plateforme que les autres artistes associés à d’autres catégories ou genres musicaux.

S’enfermer dans une bulle musicale restreinte

Puisque les deux tiers de toutes les écoutes sur Spotify se font à partir des listes de lecture, ce chiffre illustre une faible recommandation et mise en valeur de la grande richesse et de la diversité de la scène musicale francophone, par l’invisibilisation des artistes issus de l’immigration ou de la diversité et catégorisés dans des genres musicaux minoritaires. Cette sous-représentation devient particulièrement problématique lorsque l’on considère que les playlists représentent un gain considérable d’écoutes pour les artistes.

En effet, l’écart d’exposition de 40 % se traduit directement par un déficit de visibilité, de perspectives économiques et de reconnaissance pour les artistes concernés. L’absence relative des artistes de musiques du monde dans ces vitrines privilégiées limite considérablement leur capacité à atteindre de nouveaux publics, créant un cercle vicieux où le manque d’exposition initiale réduit les chances d’une découvrabilité et d’une popularité future.

De plus, les systèmes de recommandation des grandes plateformes privilégient les contenus déjà populaires ou issus de marchés dominants, ce qui renforce la marginalisation des musiques francophones de niche ou appartenant à des catégories et à des genres musicaux moins populaires. Les statistiques montrent notamment une faible proportion de streams et de titres pour ces répertoires dans les classements des morceaux les plus écoutés.

L’auditoire se retrouve donc enfermé dans une bulle musicale restreinte qui limite son exposition à la diversité dont se targuent pourtant les catalogues des services de streaming.

Ce phénomène de concentration des écoutes musicales en ligne creuse l’écart entre les succès largement promus et les artistes ou les titres moins connus, moins visibles et donc moins découvrables. Rappelons que, parmi les dizaines de millions de morceaux téléversés sur les plateformes en 2024, près de 80 % n’ont jamais été écoutés, selon Deezer. Ainsi, la diversité de l’offre disponible en ligne ne se traduit pas dans la consommation réelle de musique.

Passer de l’indignation à l’action

Cette tendance à la standardisation culturelle risque de s’accentuer à l’ère de l’IA générative, qui pourrait avoir des effets négatifs sur la diversité linguistique des contenus culturels auxquels nous sommes exposés. Avec la prolifération des contenus créatifs et culturels créés par l’IA, il devient aussi crucial de se préoccuper des risques de dévalorisation des œuvres humaines, d’une rémunération inéquitable des artistes, du non-respect des droits d’auteur et de l’intégration non autorisée de grandes quantités de musique pour l’entraînement de modèles de langage.

Selon la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, d’ici 2028, près de 20 % des revenus des plateformes de diffusion en continu et 60 % de leurs musicothèques pourraient provenir de musique générée par l’IA, ce qui entraînerait une perte radicale de revenus, estimée à une dizaine de milliards de dollars, pour l’industrie musicale au cours des années à venir.

Sans politiques publiques, réglementation ni lois adaptées en matière de culture, de découvrabilité, de droits d’auteur et de régulation des plateformes de diffusion en ligne et des systèmes d’IA, les géants du Web continueront à hiérarchiser nos productions culturelles, décidant de ce qui « mérite » d’être vu, entendu et recommandé, selon des critères opaques et motivés par la seule rentabilité.

Pour que ces plateformes fassent partie de la solution, elles doivent revoir leurs modèles afin de promouvoir plus d’équité, de diversité et d’inclusion, dans l’intérêt de leurs publics diversifiés et aux goûts éclectiques. Voir sa culture, sa langue et son identité représentées en ligne, c’est exister. Il y va de notre humanité commune, qui doit continuer à s’enrichir des vertus du dialogue interculturel. Il importera aussi de sensibiliser et d’éduquer les jeunes francophones afin qu’ils adoptent des comportements culturels plus responsables en ligne et qu’ils développent une appétence et une curiosité pour l’exploration musicale des voix d’expression multiculturelle.

Parce que la diversité des contenus en ligne est cruciale pour notre souveraineté culturelle, nous devons passer de l’indignation à l’action. Il s’agit d’empêcher une déshumanisation de la découverte musicale et de garantir dans l’espace francophone et partout dans le monde un accès équitable à une plus vaste palette de contenus musicaux en français ainsi que dans les autres langues nationales et locales coexistant dans la francophonie, qui contribuent à l’enrichissement culturel de chacun.

Il est urgent de ne pas laisser nos musiques et cultures francophones entre les mains d’une économie de marché dominée par quelques entreprises transnationales qui imposent à notre attention ce qu’il faut écouter, à partir des formules magiques de leurs algorithmes.

Le droit de découvrir

Pour que la magie des algorithmes opère, les plateformes de diffusion doivent comprendre qu’il est possible de mettre en valeur et de promouvoir la diversité des expressions nationales et locales sans nuire à leurs intérêts, à ceux de l’industrie musicale ou du public.

Il importe également de coconstruire un vocabulaire commun, en produisant de nouvelles taxonomies inclusives et en améliorant les pratiques d’indexation plus fine des œuvres (tenant compte des spécificités linguistiques et culturelles), de sorte à ainsi refléter la pluralité des genres musicaux au lieu de les regrouper dans des catégories génériques.

Nous, regroupements professionnels d’artistes et de créateurs, acteurs de l’industrie musicale, chercheurs et experts en découvrabilité et politiques culturelles, demandons qu’on reconnaisse le droit de chacun à découvrir, consommer et partager des contenus reflétant sa culture et sa langue et à y accéder, sur n’importe quelle plateforme.

Nous en appelons aux États, gouvernements et organisations internationales : adoptez et appliquez des normes, des principes, des directives, des traités, des protocoles, des politiques publiques, des lois, des règlements et toute mesure proactive en matière de découvrabilité culturelle, de soutien à la transformation numérique des secteurs culturels, de régulation des plateformes et d’encadrement de l’IA pour protéger et promouvoir en ligne la diversité des expressions musicales des pays francophones. C’est aussi à nos décideurs publics de prendre des mesures pour soutenir le renforcement des compétences numériques, la formation et l’accompagnement des artistes, des créateurs et des professionnels francophones afin qu’ils puissent mieux référencer leurs œuvres (mots-clés, métadonnées, stratégies de promotion) et ainsi améliorer leur découvrabilité.

Soucieux de l’intérêt public et des choix déterminants pour l’avenir de nos sociétés, dans un contexte où le rapport de force favorise les géants du Web guidés par leurs seuls intérêts économiques, nous devons rester mobilisés, chacun dans l’exercice de ses responsabilités, pour mener ce combat nécessaire. Abdiquer reviendrait à laisser ces multinationales écraser la souveraineté culturelle à laquelle aspirent les peuples et les nations francophones. Nos acquis en matière de protection et de promotion de la diversité des expressions culturelles sont aujourd’hui gravement fragilisés et remis en cause.

Cet engagement est essentiel pour assurer la pérennité du pluralisme musical et préserver notre capacité à faire découvrir une culture francophone vibrante, que créateurs et publics de tous horizons pourront s’approprier à leur tour.

Destiny Tchéhouali, Professeur en communication internationale à l’UQAM, Titulaire de la Chaire Unesco en communication et technologies pour le développement et Directeur scientifique du Laboratoire La Percée

Johan Lauret, Directeur de projet du Laboratoire La Percée

Suzanne Rousseau, Directrice générale et co-fondatrice des Productions Nuits d’Afrique

Sébastien Laussel, Directeur de Zone Franche, le Réseau des Musiques du monde

Lire le plaidoyer
Signer le plaidoyer


Date : 16/07/2025

RAFFUT ! Un énorme merci pour cette 9ème édition

La FEDELIMA vous remercie d’avoir participé à la 9ᵉ édition de RAFFUT ! qui a rassemblé près de 500 personnes pendant trois jours à Romans-sur-Isère. Ce temps fort a été rendu possible grâce à l’accueil attentif et généreux de l’équipe de La Cordo, au soutien, à la disponibilité de Grand Bureau et à l’engagement des 15 bénévoles que nous remercions chaleureusement pour leur disponibilité et leur énergie.

Année après année, la dynamique de participation ne faiblit pas et confirme que RAFFUT ! est un rendez-vous fédéral essentiel, un espace-temps précieux pour se retrouver, se questionner, et faire circuler idées, pratiques et expériences. Dans un contexte complexe, cette édition a de nouveau affirmé notre besoin collectif de prendre soin des liens qui nous unissent. Merci à vous pour votre présence sur cette 9ème édition !

Le programme, foisonnant, a proposé 25 temps de rencontres : tables rondes, ateliers, palabres… Il a permis d’explorer ensemble de nombreux sujets pour nos lieux et nos métiers qui seront retranscrits dans nos actes et qui continueront d’être questionnés en collectif dans les semaines, mois et années à venir.

Les échanges se sont prolongés autour des repas partagés, des parties de pétanque ou babyfoot relevées, ou plus simplement au détour d’un verre, dans la cour de La Cordo.

Cette édition aura, une fois de plus, témoigné de notre vitalité, notre écoute de l’époque et a été animée par la volonté d’agir collectivement. Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire vivre ce moment avec enthousiasme, exigence et convivialité.

Nous vous donnons rendez-vous les 7, 8 et 9 juillet 2026 pour la dixième.


Date : 05/06/2025

Découvrez les indicateurs clés 2023 de la FEDELIMA

Données 2023

Suite à la publication, des « Chiffres clés – données 2023 », en avril dernier, la FEDELIMA propose un second volet d’analyse visant à approfondir la compréhension des réalités que vivent les lieux et projets de musiques actuelles membres de la fédération. Dans un contexte marqué par de fortes tensions économiques et une remise en question des soutiens publics, cet éclairage complémentaire permet de mieux cerner les dynamiques à l’œuvre dans le secteur des musiques actuelles, tout en rendant compte de la diversité des modèles de structures qui le composent.

Ce document s’appuie pour cela sur une sélection d’indicateurs structurants, tels la jauge de l’unité scénique principale, le nombre de dates diffusées à l’année, le prix moyen des billets plein tarif, la hauteur de budget, le pourcentage de financements publics, le nombre de salarié·es permanent·es en ETP (Équivalent Temps Plein), la répartition genrée des équipes, etc.

Ces données sont analysées en lecture comparative selon 10 grandes entrées typologiques :

  • par types de projets et d’équipements
  • par types de territoires
  • par types de modes de gestion
  • par types de statuts juridiques
  • par labellisation SMAC par l’État
  • par hauteurs de budgets
  • par tailles d’équipe permanente
  • par genres de la fonction de direction
  • par jauges d’équipement de diffusion de concerts
  • par générations de projets

Afin de mettre en perspective les grandes tendances observées sur la décennie un tableau de suivi de l’évolution de ces indicateurs entre 2014 et 2023 est disponible en fin de document.

Ce document, fruit d’un travail de plusieurs mois, regroupe une sélection d’indicateurs et de graphiques produits sur la base de l’alimentation d’informations d’activité 2023 sur la plateforme GIMIC dans le cadre de l’Observation Participative et Partagée de la FEDELIMA (OPP) menée en partenariat avec le ministère de la Culture - DCGA.

Le Bureau Exécutif et l’équipe permanente tiennent à remercier l’ensemble des adhérents pour l’engagement sur ce chantier annuel permettant d’alimenter ce « pot commun » de connaissances et d’informations précieuses pour la FEDELIMA et ses partenaires. Nous tenons également à remercier tout particulièrement les membres du groupe de travail OPP pour leur investissement et leurs conseils éclairés qui permettent chaque année d’améliorer les différents questionnaires.


Date : 04/06/2025

La FEDELIMA accueille 4 nouveaux adhérents !

La FEDELIMA est ravie d’accueillir 4 nouveaux adhérents ! Ces nouvelles arrivées témoignent de l’intérêt croissant pour les initiatives collectives et illustrent la force grandissante de la dynamique fédérale au sein de notre réseau ! Bienvenue aux personnes qui animent ces beaux projets !

La SMAC des Bains-Douches de Lignières est située en ruralité dans le Berry, au sud de Bourges. En tant que Pôle chanson Région Centre Val de Loire, elle mène un travail reconnu en faveur de la chanson francophone dont elle a accueilli et accompagné certains des plus grands noms. Au cœur d’une commune rurale de moins de 1400 habitant·es, elle développe depuis 1978 un projet artistique et culturel à destination d’un public intergénérationnel, où la musique occupe une place centrale avec une attention forte aux artistes émergent·es. C’est aussi un lieu de vie culturel et convivial en ruralité qui contribue à la vitalité d’un territoire rural. L’action se déploie tout au long de l’année à travers l’accompagnement à la création et à la production, des résidences, la diffusion, des actions d’éducation artistique et culturelle, l’accompagnement des pratiques amatrices. La salle de concert (209 places assises/ et 350 en configuration assis-debout) dispose d’un plateau scénique de 5mx7m.
Découvrir Les Bains-Douches

Fonderie, Confort 2000 (magasin d’électroménager) puis lieu culturel, le Confort Moderne est une enclave industrielle au cœur des faubourgs de Poitiers. Une friche artistique pionnière qui œuvre depuis le début des années 80 aux décloisonnements des regards et des pratiques. Lieu de création au service des artistes, le Confort moderne est porté par une association visionnaire et militante : l’Oreille est hardie. Il s’inscrit dans un double héritage : celui des « squatts », des occupations et de l’activisme culturel alternatif des années 80 et celui des « Fabrik » et des Kunstverein nord-européennes, lieux où l’art se fabrique, s’échange, se vit. Entièrement réhabilité, le Confort Moderne a rouvert ses portes en décembre 2017 et compte désormais 8 500 m², articulés autour de différents espaces, synonymes d’une pluralité d’activités qui font sa singularité (fanzinothèque, galerie d’art contemporain, restaurant…).
Découvrir le Confort Moderne

Le Marché Gare, salle de concert emblématique de Lyon, a ouvert en 2006 dans l’ancien Marché d’Intérêt National. En 2018, le lieu entame une période de travaux et développe une programmation hors-les-murs, L’Échappée Sauvage, dans près de 50 lieux de la métropole, mêlant scènes alternatives et institutions culturelles. Labellisé Scène de Musiques Actuelles (SMAC) en 2019, le Marché Gare est porté depuis 2022 par sa propre association, indépendante de la MJC Confluence. Après quatre ans de fermeture, il rouvre ses portes en septembre 2022 dans un bâtiment rénové, avec une grande salle modulable de 414 places (115 en formule assise), des espaces repensés pour le public comme pour les artistes, et des conditions d’accueil optimisées.
Découvrir le Marché Gare

La Place est un centre culturel parisien dédié au hip-hop, situé sous la canopée des Halles. Ouvert en 2016 et relancé en 2020 par une nouvelle direction, il promeut toutes les esthétiques du hip-hop à travers la diffusion, la transmission et l’accompagnement des artistes. Ce lieu hybride réunit une salle de concert, un studio de création, un espace d’exposition, un bar et huit espaces modulables pour la musique, la danse, le graffiti ou l’audiovisuel. Ouvert aux artistes de toutes générations, La Place se veut un moteur culturel à l’échelle locale et internationale. En 2021, elle lance la L2P Convention, première convention française dédiée au hip-hop et à la street culture. D’autres temps forts enrichissent la programmation, comme Centrale Place (festival rap), Playin’Paris (culture et sport) ou En Corps ! (création chorégraphique).
Découvrir la Place


Date : 23/05/2025

Relance de la MCAC : la déclaration d’intention

Communiqué du 19 mai 2025, Mobilisation et Coopération Arts et Culture – MCAC 2025 à l’initiative de l’UFISC

En mars 2020, la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » (MCAC) a été lancée par une quarantaine d’organisations du champ des arts et de la culture pour accompagner le secteur culturel, notamment de l’Économie sociale et solidaire (ESS), dans sa gestion de la crise COVID.

Espace d’interconnaissance, de partage d’information, d’accompagnement et de ressources, de prises de positions, de plaidoyer et de préconisations politiques, la MCAC, entretenue par cette quarantaine de réseaux, fédérations et organisations professionnelles, et coordonnée par l’UFISC, a joué un rôle certain dans cette période, notamment en termes d’orientation des politiques publiques.

Aujourd’hui , le secteur culturel est à nouveau confronté à une double crise majeure, d’une part austéritaire et d’autre part réactionnaire, qui impacte plus largement l’ensemble du champ associatif et de l’ESS : la solidarité internationale, l’éducation populaire, le social, la santé, le sport, les droits des femmes, l’insertion par l’activité, l’environnement et bien d’autres champs encore... Pour autant, elle est cette fois la conséquence de choix budgétaires et politiques et non pas de l’irruption. soudaine et subie d’un virus. Ces choix peuvent et doivent être discutés, mis en débat, combattus, transformés. Ils nous exhortent à anticiper les capacités d’actions collectives et transsectorielles à court, moyen et long terme.

En effet, partout, les coupes budgétaires se multiplient et ébranlent le tissu artistique et culturel de proximité et ses milliers d’initiatives privées citoyennes sur les territoires. La programmation financière faite par le gouvernement pour 2025 taille largement dans le budget du ministère de la Culture. L’action culturelle et l’éducation artistique et culturelle, garantes de la participation de toutes et tous à la vie culturelle, sont les premières touchées. L’année 2026 s’annonce encore plus catastrophique, Bercy contraint à considérer 2025 comme un plafond et à diminuer tous les budgets ministériels (voir à ce sujet la circulaire du 3 avril 2025 du ministère de l’Économie ). Le tissu artistique et culturel de proximité sera sacrifié sur l’autel de la dette, au côté de l’ensemble du champ associatif et de l’ESS.

Sur les territoires, les perspectives budgétaires, qu’elles soient la conséquence de choix politiques déterminés ou de baisses de dotations subies, sont tout aussi désastreuses. La coupe monstrueuse et idéologique contre les structures associatives d’intérêt général exploitées par la région Pays-de-la-Loire est l’arbre qui cache la forêt. Une grande majorité de régions affiche une culture budgétaire en baisse. Par dizaines, des départements font état de diminutions plus ou moins drastiques de leurs crédits culturels, à l’instar de nombreuses villes et intercommunalités.

Par effet domino, les structures les plus fragiles sont les plus touchées. La situation constitue un véritable plan social à bas bruit, qui amenuise la capacité de mise en œuvre des droits culturels des personnes. Les coupes, tout aussi violentes dans bien d’autres domaines, sont couplées à des menaces croissantes contre la démocratie et les droits humains fondamentaux. Les atteintes aux libertés associatives et de création , pourtant essentielles, se multiplient. Alors que les repères sont bouleversés et que les défis existentiels obligent à revoir nos modes de vie, notamment face aux bouleversements climatiques, les initiatives citoyennes, forces de transformation et de pouvoir d’agir, sont fortement précarisées.

Et cela dans un contexte global de puissance montée des idées de l’extrême droite. Où les volontés réactionnaires, porteuses du conservatisme, de l’autoritarisme et de la pensée de l’inégalité qui les constituant, dévoilent leurs attaques contre les services publics et le champ de l’intérêt général en France, en Europe ou à l’international. Où le capitalisme de plus en plus financiarisé et malade d’une course aux profits et à la croissance sans limite, poursuit sa volonté de faire du champ associatif un simple attribut du marché.

Nous l’affirmons : ce champ de l’intérêt général est crucial pour défendre l’exercice des droits humains et contribuer au lien social .

Face à cet état de fait, il nous faut réagir et porter haut et fort la défense de la diversité artistique et culturelle et des droits humains fondamentaux, notamment culturels, et le renforcement du service public et du champ de l’intérêt général comme un commun à coconstruire, porteur de libertés, d’égalité, de fraternité et de sororité. Nous devons réaffirmer que c’est la multitude des forces citoyennes, ancrées dans tous les territoires, que nous représentons ou défendons (dont plus de 340 000 associations culturelles, aux côtés d’innombrables autres initiatives d’utilité sociale) qui permet d’agir et de prendre soin des relations, de créer des espaces de culture, de débat et de solidarités, de soutenir les luttes contre les restrictions de libertés et pour la défense des droits fondamentaux, de consolider la démocratie en actes. Plus que jamais, il nous faut renforcer les coopérations, construire des solidarités et mener la bataille culturelle.

C’est ce que nous souhaitons porter à travers la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » relancée en avril dernier. Nous sommes déjà près de 50 organisations collectives se reconnaissant dans ces valeurs et partageant ce désir d’agir, nourries de toutes les forces citoyennes qui les constituant : équipes artistiques, lieux associatifs, lieux intermédiaires, structures d’accompagnement, espaces de pratiques et écoles, radios, médias, festivals, collectifs…

Nous invitons celles et ceux qui se reconnaîtront dans cette initiative à rejoindre la mobilisation et participer à nos actions.

Nous nous engageons à :

  • Nous mobiliser pour d’autres politiques et arbitrages budgétaires et une ambition pour la diversité et la solidarité ;

  • Coproduire de l’analyse partagée à partir des remontées et observations de terrain et du travail prospectif afin d’en tirer des enseignements pour des propositions à court et long terme ;

  • Activer des actions de solidarités, d’appui et d’accompagnement par nos réseaux ;

  • Participer aux mobilisations sectorielles et intersectorielles, invitant à une convergence des luttes pour la défense des droits fondamentaux.

D’autres choix sont possibles, d’autres voies restent ouvertes, un autre avenir est à portée de mains !

Plus d’informations sur le site de l’UFISC !