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Previously on FEDELIMA #23 | Le (Rodez Social) Club, fabrique collective et citoyenne

Vous le savez sans doute, la FEDELIMA publie depuis plusieurs années une série d’articles afin de valoriser les pratiques atypiques, événements hors du commun ou autres projets singuliers menés au sein de la fédération !

Le (Rodez Social) Club, fabrique collective et citoyenne

Seule salle de concert de musiques actuelles sur le département de l’Aveyron, Le Club à Rodez montre qu’on peut - pardon, qu’on doit ! - exister sur sa région malgré l’attractivité des villes comme Toulouse ou Montpellier. Mieux que ça, la salle de concert a le chic pour proposer des pistes fort astucieuses pour créer l’adhésion des publics. C’est bien simple : à Rodez, Le Club est comme un vieux pote chez qui on passe entre deux courses. Et figurez-vous ceci : porté par cette insatiable envie de camaraderie, il participe activement à la résistance de son territoire face à l’isolement.




Date : 05/12/2025

Communiqué - Budget du silence - Ne laissons pas la France perdre ses voix

Il y a des silences qui en disent long.

Derrière les coupes budgétaires, les réorganisations administratives et les arbitrages comptables, c’est toute une part de la voix de la France que l’on étouffe.

La voix de celles et ceux qui racontent nos territoires, nos cultures, nos imaginaires.

La voix de celles et ceux qui donnent la parole là où elle ne passe plus.

La voix de celles et ceux qui font encore entendre le réel, le vivant, le commun.

Depuis plusieurs années, les actrices et acteurs de l’intérêt général, les indépendant∙es de la culture, des médias, de l’économie sociale et solidaire se battent pour maintenir une liberté d’expression, de création et de transmission en dehors des logiques de marché.

C’est un écosystème fragile et essentiel, fait d’associations, de collectifs, de radios, de revues, de compagnies, de lieux, de structures artistiques, culturelles, scientifiques ou sociales.

Partout, ces initiatives tissent du lien, fabriquent du sens, nourrissent le débat public et font vivre la démocratie au quotidien.

Or, c’est précisément cet écosystème qui est aujourd’hui menacé.

Les réductions massives des crédits culturels et associatifs ne sont pas une simple variable d’ajustement : elles traduisent un changement de cap politique.

Celui d’un État qui renonce à sa promesse d’une culture par et pour toutes et tous, d’une information libre et indépendante, d’une société ouverte, curieuse et éclairée.

On ne parle pas ici d’un “plaisir culturel” ou d’un “aménagement de niche”.

On parle d’un bien commun démocratique : le droit d’informer, de comprendre, de débattre, de rencontrer et de créer.

Quand l’expression libre s’éteint, c’est la démocratie qui s’affaiblit.

Les médias associatifs, les structures d’éducation populaire, les maisons d’édition indépendantes, les équipes artistiques, les actrices et acteurs de terrain, les bénévoles, … toutes et tous sont touché∙es par le même mal : l’asphyxie.

Les radios locales, en particulier, en sont une illustration exemplaire : elles incarnent ce lien direct entre la parole citoyenne et la vie démocratique. Présentes là où d’autres ne vont plus, elles sont parmi les premières flammes qu’éteint le budget du silence.

Les radios associatives sont parmi les plus impactées par le projet de Loi de Finances pour 2026 qui prévoit une coupe de 44,5 % dans l’enveloppe du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique locale dédiée aux radios associatives (-15,7 millions d’euros !), comme cela avait été tenté lors du budget 2025 [1]

Et d’autres attaques envisagées en direction du financement des associations et initiatives citoyennes culturelles sont toutes aussi inquiétantes, à l’instar des importantes baisses prévues sur le financement des programmes Création (131) et Transmission des savoirs et démocratisation de la culture (361), sur le FONPEPS, dispositif d’aide indispensable au soutien de l’emploi associatif ou encore sur les crédits alloués au Centre National de la Musique. C’est plus de 200 millions d’euros d’austérité sur la culture !

Plus globalement, le tissu associatif et citoyen qui maille les territoires est terriblement mis à mal par le budget 2026. Les Tiers-Lieux perdent 95% de leur financement, l’ESS voit son budget baisser de 54 %, les services civiques subissent une coupe de 20%, l’insertion dans l’emploi par les contrats aidés perd 118 millions d’euros soit 76 % de ses aides, l’aide publique au développement perd 700 millions d’euros [2] et la liste est encore longue. Au total, près de 90 000 emplois associatifs sont directement menacés [3]. Tous les territoires sont touchés.

Cette politique du silence #BudgetDuSilence ne frappe pas des professions, mais une société tout entière.

Elle oppose la logique comptable à celle du bien commun.

Elle réduit à des lignes budgétaires ce qui fonde une nation : la possibilité de penser, de débattre, d’imaginer et de faire ensemble.

Nous ne demandons pas des privilèges.

Nous demandons que la parole, la culture et l’esprit critique soient reconnus comme des investissements publics vitaux. Nous demandons que l’État assume pleinement son rôle de garant de la diversité culturelle, des droits fondamentaux, de l’accès à l’information, de la liberté de création et de la vie démocratique.

Face au budget du silence, nous appelons à un sursaut collectif.

Celui de toutes celles et ceux qui croient que la culture, l’information, la création et l’expression citoyenne ne sont pas des dépenses superflues, mais les piliers d’un pays vivant et libre.

Ensemble, en lien avec les dynamiques culturelles et associatives qui se mobilisent pour que vive la participation citoyenne.

Nous invitons toutes les structures, associations, artistes, médias, collectifs, universitaires, citoyennes, citoyens et partenaires publics à rejoindre cet appel commun.

Parce que ce combat dépasse nos métiers, nos champs d’action et nos sensibilités.

Parce qu’il concerne notre capacité à faire société.

Une tribune proposée par l’Association Les Locales (CNRA et SNRL), Union des organisations représentatives des radios associatives, avec le soutien de la Férarock et de Radio Campus France dans le cadre de la Mobilisation et Coopération Art et Culture.

  • CNRA – Confédération Nationale des Radios Associatives
  • SNRL – Syndicat National des Radios Libres
  • FERAROCK – Fédération des Radios Associatives de Musiques Actuelles
  • Radio Campus France - Fédération nationale de radios associatives étudiantes

[1Les chiffres du PLF 2026 sont issus des projets annuels de performances (PAP) des programmes 180 “Presse et médias”, 131 “Création”, 361 “Transmission des savoirs et démocratisation de la culture”, 112 “Impulsion et coordination de la politique d’aménagement du territoire”, 305 “Stratégies économiques”, 163 “Jeunesse et vie associative”, 102 “Accès et retour à l’emploi”.


Previously on FEDELIMA #22 | 6PAR4 : flouter les frontières entre ville et campagne

Vous le savez sans doute, la FEDELIMA publie depuis plusieurs années une série d’articles afin de valoriser les pratiques atypiques, événements hors du commun ou autres projets singuliers menés au sein de la fédération !

6PAR4 : flouter les frontières entre ville et campagne

Comment un projet culturel situé en milieu urbain peut-il exercer une solidarité à l’égard d’acteurs ruraux ? Et comment lutter contre l’isolement des villages, en musique ? Partout en France, autour des métropoles et des SMAC, ces questions sont posées. A Laval, en Mayenne, les actions hors les murs de la salle de concert 6PAR4 n’échappent pas à cette démarche. Mais loin des débats « ville vs campagne », son territoire majoritairement rural, très peu dense et foisonnant culturellement révèle une autre manière d’appréhender la coopération.


Date : 18/09/2025

Rencontres nationales "Fonctions de direction et de programmation"

Les fonctions de direction et de programmation sont au cœur de l’identité et du devenir des lieux de musiques actuelles. Décider, orienter, créer, arbitrer, imaginer, inventer… autant de verbes devenus le quotidien − souvent passionnant, parfois éprouvant − de ces métiers.

Pour la première fois, la FEDELIMA propose de rassembler ces deux fonctions lors de rencontres nationales accueillies à Vendôme les 29 et 30 octobre, en partenariat avec Figures Libres et dans le cadre du festival Les Rockomotives. Ces deux jours ambitionnent de créer un espace privilégié d’échanges, de respiration et de découverte.

Dans un contexte où les mutations du travail bousculent les organisations, où l’isolement guette parfois celles et ceux qui assument des responsabilités, où la complexité des processus de décision s’accroît et où de nouvelles esthétiques émergent plus vite qu’un BPM d’hyperpop, faire discuter celles et ceux qui pensent les orientations globales des structures et dessinent les horizons artistiques devient plus que jamais essentiel.

Ces rencontres invitent à mettre en commun les expériences, à confronter les réalités, à interroger ce qui fonde un projet artistique et culturel aujourd’hui. Quelles responsabilités cela engage-t-il ? Quels équilibres reste-t-il à trouver entre liberté artistique, modèle économique et transformations du secteur ? Comment résister à la tentation de programmer comme on coche des cases pour continuer à surprendre, émouvoir et faire vibrer ? Il s’agira aussi de se donner le temps d’élargir les perspectives, de sortir du quotidien pour regarder collectivement ce qui se joue derrière les choix artistiques et stratégiques.

Ces rencontres nationales se veulent à la fois un moment de réflexion, mais aussi un temps convivial, nourri par l’énergie du festival Les Rockomotives. Elles sont le fruit d’un travail collectif mené avec un comité de pilotage d’adhérent·es (un énorme merci), qui a conçu ce programme avec une ambition claire : proposer aux directions et aux programmateur·rices un espace commun pour débattre, se ressourcer et, ensemble, imaginer - qui sait - de nouveaux horizons.


Date : 24/07/2025

Communiqué de la MCAC : investir dans ce qui nous tient ensemble : pour un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire !

Communiqué du 24 juillet 2025, Mobilisation et Coopération Arts et Culture – MCAC 2025

Née dans le contexte de la crise COVID et relancée en avril 2025 à l’initiative de l’UFISC, la Mobilisation et Coopération Art et Culture (MCAC) s’est imposée comme un espace de mobilisation, de coopération, de veille et de plaidoyer, qui rassemble plus de cinquante fédérations (dont la FEDELIMA), réseaux et organisations professionnelles du secteur artistique et culturel (→ lire la déclaration d’intention des organisations participantes).

Face aux politiques d’austérité et aux attaques réactionnaires qui fragilisent aujourd’hui l’ensemble du champ associatif et de l’intérêt général, la MCAC appelle à une réponse collective et alerte sur un véritable plan social à bas bruit, qui menace l’ensemble de l’écosystème culturel et artistique en même temps que les droits culturels et les libertés fondamentales.

Investir dans ce qui nous tient ensemble : pour un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire !

En pleine période de programmation estivale, tandis que les projecteurs s’allument sur certains lieux emblématiques, le tissu artistique et culturel de proximité, celui qui fait aussi vivre la création au quotidien, se délite dans le silence.

L’annonce de 6 millions d’euros supplémentaires pour les réseaux culturels labellisés par l’État est, certes, bienvenue. Mais cela ne bénéficiera pas à la diversité de l’écosystème culturel associatif et de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), ni aux équipes artistiques, ni aux artistes-auteur·ices, ni aux lieux intermédiaires, ni aux collectifs de production, etc. Cette annonce s’inscrit dans un projet de budget 2026 qui baisse de 200 millions d’euros le budget du ministère de la culture, coupe les moyens d’autres ministères et demande un effort inouï aux collectivités territoriales qui risquent de facto de diminuer leurs budgets culturels.

Si vous poursuivez dans cette logique, vous tuez les associations et les autres modèles de l’ESS ; vous déclarez inutiles les missions d’intérêt général qu’elles assument ; vous condamnez ce qui fait la nature même de la France : la vitalité artistique, culturelle et citoyenne qui irrigue nos territoires, façonne les imaginaires, favorise les modes d’habiter, crée de la richesse économique, sociale et démocratique partout.

Il est temps d’assumer un grand plan de revitalisation culturelle, sociale et solidaire, au service de l’intérêt général.

L’argent existe : les 211 milliards d’aides publiques annuelles aux grandes entreprises versés sans contrôle, sans évaluation, souvent pour servir les actionnaires plutôt que l’intérêt général.

Ne cherchez pas des économies sur le dos des droits fondamentaux des Français·es. Cherchez-les plutôt dans les profits démesurés des plus riches, dans les marges indécentes des grandes entreprises, dans la fraude et dans les gâchis que dénonce le Sénat dans son rapport d’enquête. On a retrouvé les 40 milliards : ils dorment dans des dividendes, des rachats d’actions et des niches mal contrôlées (→ Rapport d’enquête sur le financement des grandes entreprises - Commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants du 1er juillet 2025).

Nous demandons :

  • Un grand plan national de revitalisation culturelle, sociale et solidaire, coconstruit et financé à la hauteur des besoins.

  • Une réorientation massive des aides publiques, conditionnées à des engagements concrets en faveur des droits fondamentaux, de la transition écologique, de l’emploi, des territoires, de la coopération, de la justice sociale et d’une réelle égalité.

  • La reconnaissance pleine et entière des associations et autres structures artistiques et culturelles à buts autres que lucratifs comme piliers de la République et de l’intérêt général.

Le gouvernement a les moyens. Nous lui demandons d’avoir le courage politique et la volonté de mettre l’argent là où il sert vraiment à créer de la richesse collective, à investir dans ce qui nous tient ensemble !